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 Contexte et histoire (version longue)

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Le Loup
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MessageSujet: Contexte et histoire (version longue)   Sam 31 Juil - 12:36











En l'an 132 après la chute du Vieil Empire, à la fin de l'hiver, Oswald, le roi d'Eiralie, succomba à une mauvaise fièvre. Il laissait trois fils en âge de régner et un pays déprimé, en proie à des querelles intestines qui l'empêchait de coordonner une réponse d'ensemble aux invasions dont il était régulièrement la proie de la part de deux peuples principaux. Les Suéris du Nord qui pillaient les villes côtières et celles proches des fleuves grâce à leurs navires rapides, et les Lydanes de l'Est qui attaquaient souvent par pur amour du combat, et défendaient jalousement leur territoire, protégé par des forêts profondes et impénétrables.

Dans un cas comme dans l'autre, l'ennemi n'envoyait qu'exceptionnellement une grande armée de conquête. Plusieurs chefs se disputant sans cesse le pouvoir, la stratégie militaire s'en ressentait, et les dégâts restaient le plus souvent modestes. Néanmoins, cette insécurité constante minait le moral des Eiraliens. Le peuple, notamment, commençait à perdre confiance en la protection que pouvaient accorder les seigneurs, jamais d'accord sur les limites de leurs domaines, et enclins à laisser le voisin s'occuper du problème en cas d'attaque.










Lorsque le roi Oswald mourut à l'âge très respectable de 71 ans, son fils aîné Robin reprit la couronne. Il se lança dans une campagne de dissuasion à grande échelle contre les Lydanes et les Suéris, notamment par la généralisation de la condamnation à mort sous la torture des prisonniers Lydanes. Durant quelques temps, cette tactique sembla fonctionner. Mais, dans la 4ème année de son règne, une grande invasion lydane fut lancée. Plus de six mille hommes déferlèrent sur le royaume eiralien. Le roi Robin put rassembler trois mille hommes et stopper l'invasion dans la plaine de Kevalis avant que la horde ne puisse s'emparer de la ville fortifiée de Rossburh. Malgré leur infériorité numérique, les six cent cavaliers en armure de fer intégrale de la garde royale piétinèrent littéralement les Lydanes.

Offensé et furieux qu'on ait osé conduire une telle entreprise contre son royaume, Robin passa l'année suivante à réunir une armée de vingt mille hommes et la conduisit au cœur de la Lydanie, dans une tentative audacieuse d'éradiquer le mal à sa racine. Il parvint à s'enfoncer dans la Forêt des Crocs jusqu'à un bosquet sacré pour les Lydanes, le Tarhalgor, auquel ses troupes mirent le feu avant de rentrer au pays.











L'année suivante, ivre de rage et avide de vengeance, une armée sans précédent de cinquante mille Lydanes indignés par le sacrilège se massa aux frontières avant de foncer droit sur Rossburh, exactement comme deux ans auparavant. Et cette fois, l'armée royale fut submergée sous le nombre. Les cavaliers qui avaient fait merveille auparavant ne suffirent pas à renverser l'équilibre des forces. Selon les témoins, le roi fut jeté à bas de sa monture et tué dans la bataille, mais l'on ne retrouva jamais son corps. Les orientaux se dirigèrent sur Rossburh, qu'ils prirent et incendièrent, exterminant la totalité de la population. Aucun prisonnier. Aucun esclave. Aucun messager pour porter des exigences. Simplement des rivières de sang et des montagnes de cadavre pour apaiser les dieux.

Ensuite, ils continuèrent à l'ouest, détruisant tout sur leur passage. Thomas, le frère du roi, le deuxième des trois, s'enferma avec dix mille hommes derrière les murailles fortifiées de la capitale, Falyse. Les Lydanes n'avaient prévu aucun système d'approvisionnement. Leur ferveur religieuse ne remplaçait pas la nourriture, et ils avaient anéanti tout moyen d'approvisionnement au cours de leur avancée. Aussi furent-ils finalement contraints de battre en retraite pour ne pas mourir de faim, harcelés par la cavalerie du roi et des milices paysannes sans plus aucune terre à cultiver ni aucun motif de vivre que la vengeance. Leurs pertes furent colossales. Mais le royaume devait mettre plusieurs années à s'en relever.











Des années passèrent durant lequel le statu quo régna. En 144, Petrus, le benjamin de la famille royale, épousa Hild, fille de Lothar, un puissant chef lydane, après de longues et difficiles négociations. Les rancunes du passé n'étaient jamais loin... Néanmoins, mari et femme s'entendirent aussi bien qu'on pouvait l'espérer. Un an plus tard leur naquit une fille. Celle-ci fut finalement nommées Iseult selon le choix de Petrus, après moultes batailles conjugales.

De son côté, le roi Thomas, conscient que cette accalmie n'était qu'un sursis, encouragea le développement d'une cavalerie lourde qui avait fait les preuves de son efficacité. Armés de lances et d'épées, bardés de fer comme leurs chevaux, les cavaliers lourds formèrent bientôt le fleuron de l'armée eiralienne. Parallèlement, il mit en place un système complexe de tour de guets communiquant par un système de feux d'alarme et de garnisons de cavaliers prêts à réagir immédiatement à toute attaque. Il proclamait partout qu'il voulait qu'aucun village ne puisse être attaqué sans être secouru en moins d'une heure. Il n'atteignit jamais son objectif, mais ce système diminua énormément, non pas le nombre d'attaques, mais les dégâts qu'elles faisaient, car les pillards avaient beaucoup moins de temps à leur disposition avant que le fracas funeste des sabots de la cavalerie royale se fasse entendre. De plus, il encouragea, contre l'avis de la plupart de ses seigneurs qui craignaient une révolte paysanne, la formation aux armes des serfs et villageois. Ce, afin qu'ils puissent tenir l'ennemi en respect le temps que la cavalerie arrive. Il alla jusqu'à édicter un décret contraignant, sous peine d'amende, toute famille à stocker des armes chez soi.

Dans la foulée, il rendit rapidement obligatoire une formation militaire de base d'une durée de deux mois, ainsi qu'un mois par an de service dans la milice eiralienne, pour un nombre minimum d'hommes de chaque cité et village. Politicien rusé, le roi Thomas put ainsi forcer les populations civiles à servir dans l'armée et à participer aux combats. En réalité, elle ne s'illustra jamais sur le champ de bataille, plus destinée à donner l'illusion du nombre qu'à former une force de frappe conséquente.

Il mourut à 72 ans, extrêmement populaire, ne laissant qu'un seul héritier en vie de ses trois mariages. Ce dernier, jeune homme pâle et effacé, n'avait aucune inclinaison pour la vie de cour et les champs de bataille, plus attiré par la religion. C'est avec un enthousiasme sans bornes que Petrus l'envoya parfaire ses connaissances religieuses dans un monastère situé très loin de la cour, avant de poser la couronne sur sa propre tête en l'an 154.











Petrus n'était pas un grand guerrier, contrairement à ses deux frères. En revanche, il était un chef militaire relativement doué et, surtout, un politicien et un diplomate hors pair. Il négocia durant des années, intrigua, entretenant subtilement l'inimitié et les querelles entre les diverses factions lydanes pour les empêcher de s'allier à nouveau.

Parallèlement, une fois la frontière orientale plus sûre, il commença à s'intéresser au Nord-Ouest et à la deuxième menace extérieure pesant sur le royaume, à savoir les Suéris. Il comprit rapidement, avec son intelligence politique affûtée, que les Suéris n'étaient pas un peuple mais un ensemble de familles et de communautés désunies et sans politique extérieure commune, à la mémoire collective chargée par des vengeances, des querelles de clans et des vieilles rancœurs. En conséquence, il vit rapidement qu'il était illusoire d'espérer leur faire signer un traité de paix. En revanche, il offrit des terres à certains chefs suéris plus pacifiques que les autres, à charge pour eux d'assurer la défense de la côte. Ceci souleva la fureur des seigneurs eiraliens de la Côte des Brumes, mais la suite lui donna raison. Se rendant bien compte que la principale motivation des seigneurs suéris était l'argent et la puissance, il savait qu'il ne pourrait pas tous les intégrer au royaume. Aussi entama-t-il de longues négociations dans le but d'offrir des traités de commerce, d'échange et de non-agression fructueux avec les jarls suéris, parallèlement à sa politique de fortification des côtes. L'objectif avoué de cette démarche étant de rendre, à terme, le pillage moins rentable que le commerce.

Il édicta, influencé en cela par sa femme Hild, un décret autorisant aux femmes l'accès à la vie militaire et aux métiers des armes si elles le souhaitaient, ulcérant encore plus les grands seigneurs et les militaires eiraliens, farouchement hostiles à l'entrée des femmes dans la vie militaire. Durant toute sa vie, il finalisa l'œuvre de son frère Thomas, mettant en place et entretenant tours de guets, garnisons, et milices. Il entreprit également de faire fortifier systématiquement les villes frontalières et d'y établir une garnison d'hommes dévoués à sa cause en plus de celle des seigneurs en place. Ce, afin de s'assurer que ces derniers n'oublient pas leur allégeance, en plus de renforcer la sécurité des frontières. Ces grands travaux nécessitèrent d'importantes levées d'impôts qui lui attirèrent l'inimitié du peuple en plus de celle des seigneurs. Pour finir, il mourut transpercé d'une flèche tout à fait accidentelle lors d'une chasse au début de l'été 162. Il décéda sans héritier mâle, ne laissant en vie qu'une fille de 17 ans du nom d'Iseult.











Bernard de Castel-Gaillard, un puissant seigneur, prit aussitôt sa place après avoir fait valider la succession par un conseil des seigneurs remarquablement calme et consensuel. Son règne ne dura pas plus de quatre jours avant que des soldats loyaux à Petrus et sceptiques concernant l'accident de ce dernier, ne plantent sa tête au-dessus des portes du palais royal de Falyse.

Reconnaissante, Iseult anoblit Guilhem, l'officier qui avait mené la révolte en son nom et réglé l'affaire si rapidement et en si peu de temps. Elle créa le corps des Gardiens de la Reine, un groupe d'une centaine de soldats d'élite qui prêtaient serment de défendre le monarque légitime quel qu'en soit le prix, et nomma Guilhem commandant de ce corps. Ces hommes lui furent d'une aide précieuse pour faire accepter son autorité. Loyaux, féroces et efficaces, ils firent plus pour la conforter dans son rôle de monarque que toutes les manœuvres et cajoleries de sa mère Hild.

Son sang étant à moitié lydane, elle put entretenir des rapports relativement amicaux avec la tribu d'origine de sa mère, les Têtes-de-Loups... faisant ainsi entrer pour une longue période dans la politique eiralienne les amitiés et rancœurs entre tribus, si difficiles à assimiler pour des étrangers au peuple lydane. Elle poursuivit l'oeuvre de son père et de son oncle pour protéger son peuple des envahisseurs suéris et lydanes. Estimant la menace lydane relativement bien jugulée pour le moment, elle tourna son attention vers le nord et les suéris qui avaient profité des guerres et de l'instabilité politique pour se repaître des restes et lancer leurs raids dans une impunité relative.

Elle continua à fortifier les villes du nord, particulièrement celles proches des côtes, plus lentement que son père néanmoins pour éviter de connaître le même sort. On lui doit l'édification de nombreux ponts, destinés plus à empêcher les navires de remonter les rivières qu'à permettre aux hommes de les traverser. En plus de cela, elle défendit la décision de son père de permettre aux femmes l'accès à la vie militaire et à une formation aux armes si elles le désiraient.

Actuellement, en l'an 165 après la chute du Vieil Empire, la reine Iseult vient de fêter ses vingt ans et sa position est fermement établie. Si les guerres de clans lydanes rendent presque impossibles une paix permanente, d'autant que sa lignée lui a attiré la haine mortelle de certaines tribus, la menace est relativement sous contrôle pour le moment. Les suéris continuent leurs raids et toute sa politique vise en ce moment à établir les structures permettant de les contrer. Elle envisage notamment un mariage politique avec un chef suéri, afin d'apaiser les feux de la guerre. Mais, si les familles suéries ne sont pas aussi emprisonnées par des vieilles haines que les tribus lydanes, celles-ci existent tout de même. Et faire alliance avec une famille ne signifie en aucun cas pacifier intégralement les terres nordiques.
Cependant, beaucoup de clans suéris ont maintenant des accords avec l'Eiralie. Certains seigneurs lui ont même prêté allégeance, en échange de terres accueillantes près de la côte. Ils aident à la défendre contre ceux de leurs compatriotes qui refusent de renoncer à leur esprit belliqueux. Avec plus ou moins de succès...

Mais pendant que le regard royal est tourné vers le nord, les seigneurs risquent de s'agiter. De se rappeler qu'ils n'aiment pas être commandés par une femme. Les Gardiens de la Reine sont courageux, mais ils ne sont guère nombreux. Et ce ne serait pas la première fois que l'assassinat, ou, plus subtilement, le mariage, serait utilisé pour réduire au silence une reine agaçante...

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