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 La justice de Roland

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Roland de Peyrefendre
Général protecteur de Rossburh

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Messages : 42

MessageSujet: La justice de Roland   Dim 23 Sep - 23:26

Forteresse de Rossburh
Salle de justice seigneuriale
An 165
Jour de l'Octave Croix (345ème jour)
Fin de l'heure du Soleil (vers 13h)


Roland de Peyrefendre, comte de Peyrefendre et Général Protecteur de la frontière orientale de l'Eiralie, jeta un regard sans aménité à la plaignante. Il était assis sur ce qu'il fallait bien appeler un trône vu que c'était trop massif pour être une simple chaise, depuis l'aurore. Certes, en hiver, l'aurore, c'était relativement tard. Mais son dos n'était plus tout jeune et avait passé trop de temps sur des chevaux pour apprécier d'être assis aussi longtemps sur quelque chose d'immobile.

Depuis le début de la journée, il avait tranché plusieurs cas compliqués. C'était la journée, apparemment. D'abord, il y avait eu ce tailleur qui prétendait que son père lui avait légué une ferme à l'est de la ville, mais avait été étrangement incapable de produire un document étayant son affirmation. Refusé.

Ensuite, une veuve qui était morte, laissant trois enfants trop jeunes pour subvenir eux-mêmes à leurs besoins. Il avait fallu choisir un tuteur et faire inventorier les biens dont, étrangement, certains avaient déjà disparu. Les bijoux de la veuve ne referaient sans doute jamais surface. Le frère de la défunte s'était proposé, mais le seigneur de Peyrefendre n'avait pas du tout apprécié le regard qu'il posait sur la plus jeune fille. Il avait donc désigné plutôt une cousine éloignée, suscitant l'ire de tous, y compris de la cousine éloignée elle-même, qui, apparemment, n'avait pas apprécié de devoir prendre en charge d'autres gamins que les siens. Le seigneur Roland avait rétorqué que les biens de la défunte suffisaient amplement à couvrir le gîte et le couvert des enfants. Peut-être pas un apprentissage, mais... bah. S'ils étaient débrouillards et travailleurs, ils trouveraient bien un moyen de s'élever dans la société. Même en partant de rien.

Après, il y avait eu un vol à l'arraché. La garde avait saisi la coupable, une gamine crasseuse, sur le fait. Elle ne devait pas avoir dix ans. Eu égard à son jeune âge, le seigneur Roland n'avait fait couper que trois doigts au lieu de toute la main. En revanche, sa mère qui la faisait voler à sa place, elle, on lui avait mis la main dessus. Elle se balancerait au bout d'une corde avant la fin de la journée.

Après quoi, il y avait eu un fermier, un de ses sujets, qui se plaignait qu'on lui avait fait payer les impôts deux fois. Roland l'avait regardé d'un air suspicieux au début, mais, vérification faite, il y avait effectivement eu erreur. L'homme avait été remboursé immédiatement.

Et les affaires défilaient depuis ce matin.

Pour être franc, le comte appréciait tout de même ces moments. En général, les gens arrivaient furieux et en proie au doute, et repartaient fixés. Même ceux qui étaient condamnés pouvaient difficilement, de bonne foi, se plaindre d'être victime d'une injustice. Ils avaient enfreint la loi, ils s'étaient fait prendre, et ça n'allait pas plus loin.

Sauf que là, c'était un cas qui l'ulcérait depuis un moment. Rien que de revoir le visage de la femme qui avait prétendu faire partie d'un groupe de cavaliers lui donnait des remontées acides. La femme était jolie, et c'était justement ça le problème. Elle avait une chevelure d'un roux flamboyant, et des yeux d'un bleu étincelant. Certes, elle s'était rasée le crâne, son nez était cassé et une lance lydane lui avait ouvert une sorte de balafre disgracieuse sur la joue droite. Et, oui, elle était vêtue d'une armure de cuir bouilli qui réduisait ses seins à des muscles pectoraux bien développés. Mais ça restait une femme.

Et les femmes dans l'armée, c'était une chose qui irritait Roland. Une lubie de la reine. Il s'était violemment opposé à elle lors d'un Conseil à ce sujet, mais elle lui avait posément rétorqué qu'elle était la reine, et qu'on ferait comme elle le disait. A l'époque, il avait retenu un grognement de mépris, tant le ton de voix de la reine ressemblait plus à une enfant demandant un jouet qu'à une souveraine donnant un ordre. Mais elle avait raison.

Et, lorsqu'il s'était plaint à sa femme des décisions de la reine, celle-ci, une fois n'est pas coutume, ne lui avait été d'aucun secours.

De quoi se mêle-t-elle, cette gamine trop gâtée ? avait-il craché, dans sa chambre à coucher. Dans un pays qui marche bien, on laisse les seigneurs décider de ce qu'ils veulent faire chez eux. On les laisse décider de leurs lois.

Sa femme avait hoché énergiquement la tête.

Tu as raison, mon seigneur. D'ailleurs, c'est exactement comme ça que gouvernent les Lydanes.

Elle le faisait exprès, il le savait. Il n'avait rien répondu. Sauf que, voilà, on en était là. A côté de la femme, il y avait deux hommes. Bruns, barbus, musclés, sur le modèle "chat maigre". Le genre qu'on trouvait un peu partout dans les corps de cavalerie, où on voulait des soldats assez massifs pour frapper fort si nécessaire, mais pas trop lourds pour ne pas épuiser leur cheval.

Bon. Qu'est-ce qui vous est arrivé ? A vous la parole, Clotilde.
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