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 Frapper avec une épée d'emprunt (pv Loryn)

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Paul de Peyrefendre

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MessageSujet: Frapper avec une épée d'emprunt (pv Loryn)   Mar 31 Juil - 1:22

Année 165
6ème jour du Bœuf (213ème jour)
Heure de l’Épée (vers 18h)
Dans la citadelle de Rossburh

Faisant suite à...

Laissez-nous.

Le geôlier inclina la tête d'un geste sec, avant de s'exécuter. Paul de Peyrefendre, assis sur un tonneau rudimentaire, ferma les yeux en écoutant le bruit des pas du gardien qui décroissait. Il posa ses coudes sur ses genoux, posa ses doigts les uns contre les autres comme un chapiteau, avant de porter son attention sur l'obscurité insondable. Mais, dans ces ténèbres, il le savait, se trouvait Loryn, ou quel que soit son nom. La prisonnière que le garde venait de détacher. Paul s'en fichait totalement. Pour elle, elle n'était qu'un atout. En attendant, peut-être, d'être plus. Il soupira. Son père, il le savait, ne se serait pas posé toutes les questions qu'il se posait. Il l'aurait fait exécuter ou vendre comme esclave, en supposant qu'elle avait dû faire quelque chose pour le mériter. Mais Paul voyait autre chose en elle. Et il se sentait mal à l'aise à l'idée de punir une femme possiblement innocente. Il y avait toujours la possibilité qu'elle n'ait rien fait d'autre que se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Après, il y avait un risque. Mais il y avait toujours des risques, c'était une chose que son père, justement, lui avait appris, un jour où ils chevauchaient autour de Rossburh pour une inspection des murailles de la cité et des maisons fortifiées dans les villages environnants.

Beaucoup de gens laissent passer des opportunités capitales par crainte du risque. Par crainte de perdre leur vie, leur réputation, leur argent... Mais le risque est en soi un allié au combat. Tu comprends ?

Après un instant, Paul, alors âgé de onze ans, avait secoué la tête.

Non, père.

Imaginons que tu aies un cheval très rapide, mais que, dans une course en forêt, ton concurrent ait un cheval un tout petit peu plus rapide que le tien. Comment fais-tu pour le battre ?

Paul avait réfléchi brièvement, mais très vite, la réponse lui était apparue, aveuglante de clarté.

Je cherche un chemin plus rapide. Un raccourci.

Et tu acceptes donc le risque de faire une chute fatale, ou de voir ton cheval se briser une jambe. Tu comprends, maintenant ?

Oui, père.

Il avait gardé le silence un moment, laissant l'étalon de son père le distancer d'une longueur, avant de parler à nouveau.

L'inattendu.

Roland de Peyrefendre avait toujours été un homme dur, aux traits sévères, forgé par la guerre. Mais il s'était alors retourné et dédié à son fils un sourire rayonnant, qu'on ne lui avait vu qu'en de rares occasions dans sa vie.

Tu serais fier de moi, père. Ou pas.

Avec un soupir, Paul se leva, et ouvrit la porte de la cellule. Puis il apporta une petite table ainsi qu'un deuxième tabouret. Sur la table, il posa une assiette. Une vraie assiette, en terre cuite, avec, dedans, du blé cuit, des tranches de viande et des carottes bouillies.

Viens manger.

Pas de réaction, dans les profondeurs insondables de la cellule. Paul eut un sourire. Il s'y attendait. Même si elle était affamée, elle restait prudente.

Elrich vient d'Acrogée, dans les montagnes. La Haute-Acrogée, celle où on crève de faim l'hiver., commença-t-il en se servant un gobelet d'eau. Toujours pas de réaction.

En vertu d'un accord plus que séculaire, il s'est engagé dans l'armée du Kevalis. Sa solde est payée en nourriture et directement envoyée à son village. C'est un dur. Un coriace. Pas forcément le plus raffiné des hommes, mais quelqu'un qu'il est difficile d'arrêter. Toi, en un coup, tu y es parvenue. Je ne crois pas que ce soit un coup de chance.

Un frémissement dans la cellule, peut-être. Certainement. Paul avait trop passé de temps à scruter des forêts dans l'obscurité pour croire que c'était uniquement son imagination.

Donc, je ne sais pas ce que tu as fait avant, et je ne le saurai sans doute jamais. Mais ce que je sais, c'est que la maison Peyrefendre a toujours donné sa chance aux gens qui avaient de la ressource, et de la loyauté.

Il fit clapper sa langue avec agacement.

Viens donc manger. Ton repas va refroidir, et ce serait dommage, c'est du veau de premier choix. Ecoute au moins ce que j'ai à te dire.
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Loryn

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MessageSujet: Re: Frapper avec une épée d'emprunt (pv Loryn)   Mar 31 Juil - 14:20

Il s'est passé quelques jours. Combien exactement, difficile à dire. Il fait trop sombre, ici, et puis elle sait qu'elle a beaucoup dormi. Trop dormi, sans doute.

Tant pioncer pour me sentir aussi claquée, franchement...

Le geôlier est venu la libérer quelques instants plus tôt de l'entrave qu'elle portait encore, et la Souris massait distraitement sa cheville quand le fils de comte est revenu. Elle est restée tapie dans son tas de paille presque propre (à peine moisie dans le coin, là), enroulée dans les plis trop vastes de la chemise rude et nettement trop grande (qu'on lui a donnée pour remplacer ses guenilles), à fixer par en-dessous de ses cheveux (qui puent moins, parce qu'on lui a donné un seau d'eau propre pour se laver dedans), le manège auquel est en train de se livrer le fils de comte.

Une table apparaît, un tabouret en plus que celui qui trône dans sa cellule depuis son interrogatoire de la semaine d'avant.
Et...
L'odeur... rien que l'odeur, elle en pleurerait.

Viens manger.

Loryn essaie que la salive qu'elle doit avaler en quantités pour ne pas se noyer dedans ne fasse pas trop de bruit. Il se doute qu'elle crève de faim, le fils de comte, ou du moins que ça fait longtemps qu'elle n'a pas fait ce genre de repas. Mais il lui reste assez de mesquinerie, à elle, pour ne pas avoir envie que ça s'entende.
L'autre n'a pas l'air de s'en formaliser. Il papote. Elrich et son Acrogée, elle s'en tape, la Souris. C'est qui cet Elrich, d'abord ?

Ah... c'est un de ceux que j'ai étendus... D'accord.

Elle se creuse pour essayer de savoir combien elle en a étendus, au juste. Deux peut-être. Un certainement. Coup de coude en pleine poitrine, juste là où ça devient mou. Vieux Bert lui en a montré quelques uns comme ça, des endroits fragiles. Le pif, la tempe, les yeux, la gorge, le milieu de la poitrine. Et puis les couilles, évidemment.

Donc il sait que je sais où taper, le fils de comte. Est-ce que c'est dangereux ?...

Donc, je ne sais pas ce que tu as fait avant, et je ne le saurai sans doute jamais. Mais ce que je sais, c'est que la maison Peyrefendre a toujours donné sa chance aux gens qui avaient de la ressource, et de la loyauté.

Loryn se demande si son haussement de sourcils se voit dans la pénombre.

De la loyauté ? Tu crois que ça sait ce que c'est la loyauté, les gens comme moi, seigneur ? Joli boniment. Ca prend moyen, il me reste trop de bouts de cervelle qui n'ont pas caillé. Du coup j'aurais plutôt tendance à parier que tu attends quelque chose de moi.

Viens donc manger. Ton repas va refroidir, et ce serait dommage, c'est du veau de premier choix. Ecoute au moins ce que j'ai à te dire.

Gagné.

Dangereux de le faire attendre plus longtemps, le fils de comte. La noblesse, ça n'a pas de patience, c'est connu. Et puis même méfiante, elle est pas si bête, la Souris. Ce type a des choses à lui dire ? Alors elle va gentiment écouter. Tout ce qu'elle va apprendre peut servir. Et tout ce qu'elle peut avoir à offrir comme information peut lui acheter une chance de sortir de ce trou à rats, si possible en un seul morceau.
Et comment qu'elle va écouter, la Souris.
De toutes ses oreilles.

Et en attendant, elle va dévorer de toutes ses dents.

La jeune fille s'est approchée en prenant bien garde de ne pas se redresser, de rester courbée, de rester en boule autant qu'elle peut. Déjà ça fait mal de se déplier, elle a encore les côtes de toutes les couleurs, du noir au jaune en passant par un mauve dégueu. Et puis... et puis les souris ça ne se redresse pas.
Dans le froissement de la paille et du vêtement trop grand qu'elle porte, elle gagne la table, lance un oeil méfiant au fils de comte, qui a pris la peine de faire venir un deuxième tabouret pour lui, ce qui suppose donc qu'elle peut utiliser le sien... mais est-ce qu'on sait avec les nobles ? Donc elle le guigne d'un oeil attentif alors qu'elle pose la main sur le siège raboteux, fait une pause d'une petite seconde. Il ne réagit pas. Elle se coule sur le tabouret.
L'assiette est sous son nez. Il y a une cuillère en bois pour le blé.
Impossible de résister plus longtemps.

Quelques instants plus tard, la Souris est gavée. Il reste plus de la moitié du contenu de l'assiette, le manque de nourriture lui a rétréci l'estomac. Elle reluque toute cette aubaine dont elle ne peut plus profiter d'un air navré. Puis relève les yeux sur le fils de comte.
Toussotte.

- Euh... Merci. Seigneur. Pour euh... tout ça. Je peux pas en mettre plus.

Elle a un regard rapide vers la cellule et la paille presque fraîche, pour la longue chemise presque propre, puis sa main à peine sale qu'elle a lavée avant-hier dans le seau d'eau que le geôlier lui a apporté. Puis elle ramène à nouveau ses yeux sur Peyrefendre.

- ... et puis pour le reste aussi. Seigneur.

Mieux vaut un excès de gratitude qu'un petit peu pas assez. Les nobles aiment qu'on leur verse des tonneaux entiers de reconnaissance. C'est connu. Loryn n'est pas douée pour ça, la parlotte, alors elle fait de son mieux.

Et puis elle se tait.
Elle ne bouge plus.
Elle regarde, et elle écoute.
Ce qu'il a à dire.
Le seigneur.


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Paul de Peyrefendre

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MessageSujet: Re: Frapper avec une épée d'emprunt (pv Loryn)   Mer 1 Aoû - 23:54

Le jeune comte tapota distraitement sur son genou de ses doigts. Il y avait quelque chose de... furtif dans les attitudes de Loryn. Quelque chose de déplaisant, qui parlait de fuite dans les ténèbres précédée de peu d'un coup de genou dans les parties sensibles. Paul, qui avait été élevé avec des gens qui parlaient à leur cheval et continuaient de combattre même avec une flèche lydane plantée dans le cœur, trouvait cela vaguement perturbant. En même temps, c'était un peu le but. S'adjoindre un nouvel atout, quelque chose de différent, qui pourrait créer la surprise, le cas échéant, dans l'éternelle lutte que se livraient les diverses factions en Eiralie.

Et même à l'extérieur. La Suérie, la Lydanie, les royaumes de l'Est... Qui sait quelles nouvelles menaces et opportunités ma génération rencontrera ? Certainement pas les mêmes que la génération précédente, en tout cas.

Il regarda fixement la roturière alors qu'elle le remerciait, semblait-il, du mieux qu'elle pouvait. Difficile de savoir si elle pensait réellement ce qu'elle disait. Probablement qu'elle se disait qu'elle jouait sa vie. Ce qui bien sûr n'était pas vrai : la décision avait déjà été prise.

Quel comte pitoyable je serais si je prenais mes décisions en fonction du regard et du ton de voix d'une voleuse emprisonnée. Paul de Tannebuis, tiens, on m'appellerait.

Il se pencha légèrement en avant.

Les gardes n'aiment pas cette situation, tu sais. Toi, moi, seuls ensemble... Avec des objets tranchants à ta disposition...

Il fit un geste du menton vers le couteau à viande.

Et mon visage à portée de ton bras, que l'on sait leste. Je les ai congédiés quand même, en donnant deux raisons. La première, c'est que c'est un ordre. La deuxième, c'est que tu es une jeune femme intelligente et qui a envie de vivre.

Il fit une pause, comme pour lui laisser le temps de répondre. En fait, il voulait vraiment lui donner le temps de répondre, mais elle ne lui donna pas satisfaction. Il dissimula comme il put son agacement.

Bon. Donc, tout ce que je sais avec certitude de toi, c'est que tu t'es retrouvée dans des situations très critiques, et que tu t'en es sortie. Ce qui laisse donc penser que tu es débrouillarde et pas suicidaire. Ce que tu as dû faire pour sortir de ces situations, ce que tu as fait avant... à la limite, peu importe. Quelques soient mes soupçons, sans preuves, sans témoignages contre toi... Ma foi, je n'aime pas condamner des gens innocents. Reste tout de même une question. Est-ce que tu as la moindre idée de ce que tu ferais dehors si, mettons, tu étais libérée aujourd'hui même ? Des gens qui t'attendent ? Un travail ? De la famille ?

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Loryn

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MessageSujet: Re: Frapper avec une épée d'emprunt (pv Loryn)   Mar 7 Aoû - 18:49

Avec des objets tranchants à ta disposition...

Loryn hausse un sourcil dubitatif et fixe un moment le couteau sur la table. Objet tranchant. Mouais. Petit objet tranchant.
Suffisant pour crever un oeil ou la grosse artère de la gorge, ceci dit.
Et sans doute que les gardes avaient raison de s'en faire.
Elle aurait pu être idiote, la Souris, et s'en servir, de ce couteau. Pour autre chose que pour couper la viande, évidemment.
Parce qu'il faudrait être la dernière des crétines pour essayer ça.

Je les ai congédiés quand même, en donnant deux raisons. La première, c'est que c'est un ordre. La deuxième, c'est que tu es une jeune femme intelligente et qui a envie de vivre.

Et là Loryn relève les yeux vers le fils de comte. Parce qu'on approche du moment où elle va enfin savoir ce qu'il lui veut, d'une part. Et d'autre part parce qu'elle réfléchit à toute allure. Ce qu'il dit est perturbant. Intelligente, on ne lui a jamais dit qu'elle l'était. C'est la première fois. Maintenant qu'elle y pense, la vieille guérisseuse lui a appris beaucoup en peu de temps, du moins elle semblait considérer que c'était beaucoup. Et le commandant aussi.
Intelligente ? Bon à savoir. Ca peut servir.
Et dommage qu'il s'en soit rendu compte, lui, là.
Dommage... ou pas.
Parce que ça peut servir, oui, mais pas seulement pour elle.
On dirait que ça l'intéresse, lui aussi.

Et comment t'as été chercher ça, toi, hein ? J'ai donné quelques informations assez précises, mais pas trop quand même. Posé quelques questions pas idiotes, mais je me suis retenue. Jusqu'où tu as réussi à me lire, exactement, Fils de Comte ? Qu'est-ce que tu sais que je préférerais que tu l'sais pas ?

Envie de vivre ?...
A un moment elle ne savait plus trop, la Souris. Elle s'est occupée de fuir vite et en silence, et surtout ne pas trop penser. Bouger tout le temps, dormir quand elle était sûre de tomber de fatigue, ne pas se donner le temps. Puis elle s'est retrouvée sur de la paille moisie, et elle a eu trop mal pour penser. Puis sur de la paille propre, et là elle a eu beaucoup trop le temps de penser.
Et de se demander si ça valait vraiment le coup de vivre, maintenant.
Après tout, il était mort.
Et tous ses espoirs avec lui.
Et tout ce qui n'avait pas de nom pour elle, et qui était mort aussi.

Envie de vivre. Est-ce que j'ai envie de vivre ?
Ou est-ce que c'est juste plus fort que moi ?
Décide vite. Parce que s'il pense plus vite que toi, tu perds l'avantage...
...
Enfin le tout petit bout d'avantage qui est encore à toi et qu'il n'a pas déjà.
Décide vite.


Parce qu'il continue, le Fils de Comte. Et les yeux de Loryn sont de plus en plus attentifs, parce qu'il voit décidément trop de choses, et trop juste. Et ça avec à moitié rien comme information.

Débrouillarde, oui.
Pas suicidaire... je suppose.
Tu te fous de ce que j'ai fait avant... tant mieux.
Tu n'aimes pas condamner les innocents... tant mieux aussi. Si c'est vrai. Parce qu'avec tout ça je ne sais toujours pas ce que tu veux.


Reste tout de même une question. Est-ce que tu as la moindre idée de ce que tu ferais dehors si, mettons, tu étais libérée aujourd'hui même ? Des gens qui t'attendent ? Un travail ? De la famille ?

La Souris hésite. Elle réfléchit. Pas la peine de gratter les souvenirs de ce qu'elle a déjà dit avant que la paille moisie devienne de la paille propre. Ca, elle a eu plusieurs jours pour le faire, et elle l'a fait soigneusement.
Surtout ne pas se contredire, sinon...
... sinon c'est la mort ?

Des gens qui l'attendent... ceux qui restent ne l'attendent plus, trop de temps a passé, ils sont loin.
Un travail... elle en avait un avouable et un qui ne l'est pas. Elle ne peut plus exercer que l'inavouable, mais ça met ses deux mains en danger. Donc non, pas de travail.
Et de la famille...
Elle a un sourire qui est une grimace.
De la famille, sans déconner.

- J'ai jamais eu de famille. Seigneur. Les gens qui m'attendent, ils pourrissent dans les bois. Et mon travail avec eux.

Réfléchir. Tout ce qu'elle a dit, il le sait déjà. Réfléchir. Le devancer. Lui prouver qu'il peut bien avoir raison quand il dit qu'elle est intelligente. Qu'elle est peut-être utile.

- Donc si j'étais libérée, là... Je chercherais une autre troupe. Mais ils se méfient toujours. C'est dangereux, y'a des trancheurs de gorge, on peut jamais être sûr. Ils me voudraient peut-être pas. Il me resterait pas grand chose comme choix. Travailler dans les fermes, les bois. Pareil, on se méfie des inconnus, pire encore chez les marchands et les artisans. Ou alors me cacher et essayer de vivre avec des chapardages, mais 'parait qu'on perd ses mains à ce jeu-là, et j'y tiens.

Elle ne se permet pas tout-à-fait un petit sourire sarcastique, mais presque. Le vol, les seigneurs n'aiment pas, personne n'aime. Et celui-là, avec le nom qu'il porte, si c'est bien le fils de l'autre, il doit détester par principe, et que t'aies cinq gosses à nourrir, c'est le genre à s'en foutre et à couper quand même.
Mais être intelligent, c'est penser à tout. Et c'est possible, de voler. Dangereux, mais possible. Alors elle doit en parler. Et ça aussi c'est dangereux. Mais moins dangereux que de ne pas en parler.
Elle doit lui faire confiance, elle n'a pas le choix.

- Et à se méfier, faudrait aussi que je me méfie, moi. Seigneur. Tout le temps. Une fille toute seule, c'est facile. On l’attrape par le col, on la jette dans une cage et on décide qu'on en fait c'qu'on veut, juste comme ça. Parce qu'on peut.

Et c'est ce qu'un certain commandant d'une troupe mercenaire a fait, finalement.
Et c'est ce qu'il a fait aussi, d'une certaine manière, le Fils de Comte.

- J'ai pas envie d'être vendue par un type qui aurait juste les pattes plus lourdes que moi et une cage assez solide, et pas l'idée de me demander mon avis. Je veux pas devenir bête de somme, ou mineuse, ou putain.

Il y avait des putains, dans la Compagnie.
Mais pas elle.
Non, pas elle.
Il avait décidé du haut de ses yeux noirs qu'elle était à lui, et elle allait finir par l'accepter. Mais pas putain, jamais.
Et pas esclave non plus, malgré la cage, malgré le bracelet.
Son bracelet.
C'était un cadeau, pas une marque.
Pas une marque.

La Souris garde les yeux levés. C'est un effort, mais elle sent, comme ça, que ce Fils de Comte-là se méfie plus des yeux baissés que des yeux levés. Alors elle s'oblige. Il doit lui faire confiance, en tout cas assez pour continuer.
Et elle doit lui faire confiance aussi.
Pas le choix si elle veut vivre.
Et c'est plus fort qu'elle...

- Donc voilà. Personne qui m'attend. Pas de travail. Et pas de famille. Seigneur.

Surtout, ne pas oublier le Seigneur.

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Paul de Peyrefendre

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MessageSujet: Re: Frapper avec une épée d'emprunt (pv Loryn)   Mar 7 Aoû - 22:57

Bon. La réponse était franche, ça plaisait à Paul de Peyrefendre.

Laisse-lui sa chance. Qu'est-ce que tu as à perdre, en fait ?
Pas grand-chose, et c'était toute la beauté de l'idée. Qu'elle déraille, qu'elle aille dire qu'elle travaillait pour Paul de Peyrefendre, et personne ne la croirait. Elle n'avait aucune information que le péquenaud moyen ne puisse avoir, et il fallait veiller à ce qu'il continue à en être ainsi pour le moment. Et si elle disparaissait dans la nature... il aurait perdu quelques jours de solde d'un soldat de base, et devrait la signaler comme déserteuse. Elle finirait par être retrouvée et pendue.
Remarque, peut-être pas. Elle a l'air plutôt débrouillarde. C'est même précisément pour cette raison que tu discutes avec elle au lieu de la faire jeter dans le caniveau après l'avoir fait, mine de rien, passer devant un gibet occupé, histoire de lui éviter les mauvaises idées.
Maintenant, la question était de savoir quelle confiance on pouvait lui accorder. Et là, il y avait deux aspects à la question. Le premier, c'était bien sûr celui de la loyauté. Le second, c'était celui des compétences. La première était douteuse, les secondes étaient inconnues.
Il va falloir la mettre à l'épreuve.
Paul hocha la tête.

Parfait ! s'exclama-t-il en claquant des mains. Alors, Loryn, j'ai un marché à te proposer. J'insiste encore sur le fait que tu es libre, que tu l'acceptes ou non. J'ai un travail à te proposer.

Doucement, maintenant. Loryn, ou quel que soit son nom, était clairement du genre craintif. Pas la paysanne normale, qui serait déjà allongée par terre, au bord de la crise de nerfs, si Paul lui avait manifesté l'intérêt qu'il manifestait maintenant envers Loryn. En même temps, un coin de la cervelle du seigneur de Peyrefendre lui soufflait que, si les paysannes faisaient si facilement des crises d'hyperventilation en présence d'un comte, c'était parce qu'elles ne se sentaient pas forcément rassurées par leur compagnie, et que cela posait quelques questions inconfortables quant à la manière dont la noblesse guerrière remplissait son rôle traditionnel de protection des roturiers. Mais c'était une toute petite voix, qui ne s'exprimait guère que lors d'un sommeil profond, et encore.

Je te propose un poste dans l'armée du Kevalis, sous mes ordres. Pas en tant que bête de somme, ni en tant que putain ou mineuse, mais en tant que soldat. Peut-être même sous-officier, si tu te débrouilles bien.

Il marqua un temps de silence pour laisser à ses paroles le temps d'être intégrées. Alors que Loryn ouvrait la bouche, il coupa court à l'objection qu'il sentait venir, en levant le doigt paresseux de ceux qui n'ont que rarement besoin de lever toute la main pour que leurs ordres soient suivis d'effets.

Je ne pense pas forcément à un champ de bataille, où selon moi tu n'as pas ta place. Mais nous avons des éclaireurs, des messagers, des enquêteurs, des émissaires...

Ainsi que des espions, des saboteurs et des assassins. Mais ça, je te laisse le comprendre toute seule. Parce que, si tu ne le comprends pas, toute cette conversation n'a aucun sens.

Et je me dis que tu pourrais fort bien trouver ta place parmi nous. Au pire, tu pourras changer d'avis. Un an d'engagement. Payée, nourrie et logée. Et personne pour te mettre dans une cage et abuser de toi. Nous sanctionnons durement ce genre de comportements.

Un bref silence.

Qu'en dis-tu ?

Non, ne réponds pas trop vite, je pourrais croire que tu n'as pas assez réfléchi à la question.
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Loryn

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MessageSujet: Re: Frapper avec une épée d'emprunt (pv Loryn)   Ven 10 Aoû - 19:37

Elle a fait un effort la Souris. Un gros effort. Contrôler sa mâchoire, éviter que son menton ne tombe dans l'écuelle à moitié vide. Arrêter de battre des paupières sur ses yeux écarquillés, comme un hibou en plein jour, ahuri et l'air totalement idiot.
Parce qu'elle s'attendait à tout, sauf à ça.

Ca, c'est... c'est quelque chose dont elle n'avait jamais rêvé. La dernière fois qu'elle avait rêvé, c'était d'apprendre assez vite comment soigner, comment écrire, vite, avant que son rôle privilégié de petite bouillotte vivante pour lit de camp de chef mercenaire vienne à son terme, pour cause de lassitude, de trop de nuits, de plus assez de surprises. Gagner une place comme esclave irremplaçable, comme esclave qui connaît des choses uniques, puisque n'importe quelle greluche sait écarter les cuisses, après tout. Avec un espoir d'être un jour affranchie, qui sait. Un jour à nouveau libre.
Et là...

Soldat. Emissaire, éclaireur, messager.
Payée, nourrie, logée.
Ni bête de somme, ni mineuse, ni putain.


Ce n'est pas un géant basaltique voilé de mystère qui lui propose ça. C'est un fils de comte, normalement grand, des yeux gris au regard direct, une voix posée et sincère. Qui commence par lui faire dire qu'elle ne saurait que faire de sa liberté, avant de la lui donner, puis d'ajouter qu'il aurait bien, lui, l'usage de ses talents.

Bon. Où est le piège ?

Il est là, le piège.
Que sait-il de ses talents ?
Eclaireur, enquêteur... Ca demande le pied léger et l'oeil vif. Ca demande de l'intelligence. Il a dit qu'elle était intelligente.
Messager. Rapide, fiable. Il ne sait pas si elle est fiable. Il n'a aucun moyen de le savoir.
Emissaire...

Moi, émissaire ?
Une moins-que-rien sortie du ruisseau? Qui sait déjà plus très bien dans quel sens on écrit les lettres de son nom ?
Qu'est-ce que tu ne dis pas, Fils de Comte ?


La Souris réfléchit, elle a rarement réfléchi aussi vite, aussi fort, avec la certitude que sa vie dépendait de sa réponse. Encore une fois, la fois dernière elle était entravée et agenouillée par terre sous un regard sombre qui ne disait rien. Ici elle est dans un cachot, sous un autre regard, très clair, qui n'en dit pas beaucoup plus. Et qui attend, tout pareil.

Il se doute. Il se doute, mais il ne peut pas le prouver.
Et comme il ne peut pas le prouver...
... il cherche une preuve ? Il va me demander des choses pas propres, et voir si j'accepte ?


Loryn plisse les paupières, concentrée. Il s'est passé deux secondes, trois. Il va falloir répondre.

Tu te prends pour qui, la Souris ? Tu crois que ça importe à un Fils de Comte, que tu crèves ou que tu vives ? Qu'il a du temps à perdre à essayer de te piéger ? T'es personne. T'es personne pour lui, t'es personne pour personne, tous les petits larçins d'une vie comme la tienne, ça paie pas une heure de la vie d'un type comme ça.
Arrête.


Elle hésite une seconde de plus. Mordille sa lèvre inférieure, un tic nerveux. Clignote des yeux, essaie d'apaiser son coeur. Libre. Un travail. Un peu de sécurité.

Elle prend une grande inspiration.
Relève le nez, rouvre les yeux, essaie de se détendre.
Ouvre la bouche, la referme.

Parle, crétine. Avant qu'il s'impatiente.

- J'en dis que c'est... très généreux à vous. Seigneur.

Une seconde avant de poursuivre.

- Y'a des tas de choses que je sais faire. Des choses utiles. Seigneur. Et puis des tas de choses que je peux apprendre.

Toussottement.

- Juste... il se passe quoi si... Hum. Si je suis pas... Petit haussement d'épaules vague, emprunté. ... assez... assez ce que vous cherchez pour ce boulot ? Je veux dire... j'ai jamais servi dans une armée ni rien... je connais pas... Petite grimace renfrognée, très vite effacée. Je sais pas comment on travaille pour des seigneurs. Ni parler. Enfin...

Autre geste vague. Elle sent qu'elle s'empêtre, la Souris, et que ça ne va pas du tout. Alors elle s'interrompt. Souffle. Reprend.

- Si je ne suis pas la personne qu'il faut, Seigneur ? Il se passe quoi ?

Soutenir ce regard, c'est important. Il a bien dit qu'elle était libre, et qu'elle avait le choix.

Et puis il sera toujours temps plus tard pour reparler de mon bracelet.

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Paul de Peyrefendre

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MessageSujet: Re: Frapper avec une épée d'emprunt (pv Loryn)   Mer 15 Aoû - 0:00

L'angoisse de la prisonnière était bien compréhensible, mais le comte dut se retenir d'éclater de rire. La Grande Armée du Kevalis regroupait un grand nombre... Roland de Peyrefendre, par respect pour leur rôle de défenseurs de l'Eiralie, aurait parlé de "soldats à l'intellect limité". Paul, lui, un peu moins rigoriste, les appelait plutôt "sombres crétins". Disons que, si les yeux étaient les miroirs de l'âme, pour certains, plonger son regard dans le leur équivalait à avoir un aperçu du néant.

Alors, que cette jeune femme craigne d'être incapable parce qu'elle n'avait jamais servi dans une armée... mais justement ! C'était tout le principe !

Alors, d'abord, si tu m'intéresses autant, c'est justement parce que tu n'as jamais servi dans une armée. On ne requiert pas les mêmes qualités d'un soldat, et d'un espion.

Voilà, le mot était lâché.

A l'un, on demande de la rigueur, de l'obéissance, de la discipline et le respect des procédures. A l'autre, on demande de la vivacité, de l'initiative et un bon instinct de survie. Je pense que nous savons tous deux dans quelle catégorie tu te ranges le mieux.

Quand au deuxième point... par les Astres, Loryn avait de la chance. Elle n'imaginait pas à quel niveau d'incompétence une armée pouvait descendre. Du moins, certains de ses membres.

Pour ce qui est de ta crainte de n'être pas assez... Tu sais, nous avons ici beaucoup d'hommes qui viennent de l'Acrogée. Ce sont des villages, dans les montagnes. Des hommes durs au mal, obstinés. Mais...

Comment présenter ça ? Il existait un antique arrangement remontant à bien avant la Chute. Dans les villages reculés de la Haute-Acrogée où les habitants crevaient de faim car la terre était aussi cultivable qu'un glaçon, depuis des siècles, il était de coutume de s'enrôler dans l'armée de terres plus fertiles. La solde était payée en nature, en général sous forme de denrées alimentaires, et directement envoyée au village natal. Un arrangement qui satisfaisait tout le monde. En réalité, la nourriture avait été ce qui avait fait plier les derniers bastions de résistance de l'Acrogée lors de l'expansion du Vieil Empire. Là où les archers de cavalerie impériaux et leurs célèbres piquiers n'osaient pas s'aventurer, l'arrangement "recrutement contre nourriture" avait fait plier les derniers rebelles. Doucement, sans heurt, grâce au commerce. Et le plus beau, c'est qu'ils avaient probablement fini par se convaincre que c'était ce qu'ils avaient toujours voulu.

Perdu dans ses pensées, il fallut un moment à Paul pour en retrouver le fil.

Disons que ce sont de petits villages, et qu'il est difficile de trouver épouse en-dehors, car les autres villages sont très éloignés. Les enfants de telles unions... et bien, ignorer la Croix a certaines conséquences. Bref. Tout ça pour dire que j'ai eu des soldats qui étaient même incapables de manipuler convenablement un balai. Ils n'étaient pas assez dégourdis de leurs mains pour ça.

Une pause.

Nous avons déjà fait exécuter des soldats pour manque de loyauté.

Il fallait que ce soit dit, même comme ça au détour d'une conversation.

Mais fort heureusement, nous n'exécutons personne pour manque de compétences. Et si tu es capable de tenir un balai, le pire qui puisse t'arriver est un an à nettoyer une cour de caserne. Pas le plus enthousiasmant, je te le concède, mais je te rappelle qu'il s'agit du pire qui puisse t'arriver.
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Loryn

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MessageSujet: Re: Frapper avec une épée d'emprunt (pv Loryn)   Mer 15 Aoû - 22:09

On ne requiert pas les mêmes qualités d'un soldat, et d'un espion.

Bon. Au moins c'est dit.
Maintenant je vois mieux pourquoi il a besoin de quelqu'un de débrouillard, d'intelligent... et qui n'a pas la tête de l'emploi.


Le Fils de Comte dévoile peu à peu ses intentions, et la Souris acquiesce. Non, elle n'a rien à faire sur un champ de bataille. L'obéissance et la discipline, ça n'a jamais très bien marché avec elle. Elle ne sait pas trop comment il s'en doute, ça doit être une façon de se tenir face à lui. Parce que bon, il ne peut quand même pas décemment considérer que se débattre contre des agresseurs, ses hommes à lui en l'occurrence, puisse être pris comme un manque de discipline.

Elle fronce légèrement les sourcils au-dessus de ses grands yeux un peu effarés encore quand il déballe ses histoires avec l'Acrogée, parce qu'elle ne voit pas trop où il veut en venir. Et qu'elle ne saisit pas trop bien cette affaire de Croix, elle n'a aucune connaissance du monde spirituel et de sa signification. Mais quand elle comprend enfin, elle laisse filer un petit sourire, tout petit à l'extérieur par rapport au grand éclat de rire en-dedans. Elle toussotte poliment pour dissiper un peu de cette hilarité intempestive.
Et inquiétante.
Elle n'est plus sur ses gardes. C'est trop tôt, et c'est dangereux. Elle se pensait encore en danger de mort quelques minutes plus tôt, et là ?

On se tape une bonne rigolade avec le Fils de Comte ? Juste comme ça, parce qu'il a dit que tu pouvais partir ?
Depuis quand tu fais confiance à une gueule avenante et à un joli sourire ?
Tu peux pas être usée à ce point-là, la Souris. Pas déjà.
Surtout qu'il vient de parler d'éxécution, là. Pour manque de loyauté. Et tu ne sais pas vraiment ce que ça recouvre, la loyauté, n'est-ce pas ?


Elle se redresse, reprend un peu de son sérieux, et répond à Peyrefendre, même s'il n'a pas posé de question.

- Je devrais pouvoir faire moins navrant que vos pas dégourdis d'Acrogée. Seigneur. Sûrement. Le petit morceau de sourire fait place à un air plus sérieux. Et ça devrait pas être nécessaire non plus de m'envoyer à la corde.

Pas sur un an de service.
M'étonnerait beaucoup que tu me demandes des choses vraiment, vraiment casse-gueule, en seulement un an de service.
Tu me feras pas assez confiance pour ça.


Elle se rend compte qu'elle scrute le regard du noble devant elle, et que c'est pas très correct. Mais c'est important. Il est moins opaque que le précédent regard qu'elle a eu à affronter. Dans ses mots, et dans ses yeux. Il a dit carrément ce qu'il attendait d'elle. A elle de s'assurer qu'ils comprennent la même chose. Dans les mots, et dans les yeux.
Pour ça qu'elle ne le lâchera pas du regard.
Même si c'est pas correct.
Même si, cette fois encore, c'est dangereux.

- Ca fait quoi exactement, un espion, Seigneur ? Ca écoute et ça se fait pas choper, c'est bien ça ?

Pas question de jouer des lames, hein ?
Pasque ça c'est mal.
Ca mène à la corde, 'paraît.


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Frapper avec une épée d'emprunt (pv Loryn)
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