AccueilCalendrierFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Ivar [Homme] [Capitaine de navire]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ivar Grimsson
Capitaine de navire
avatar

Messages : 18

MessageSujet: Ivar [Homme] [Capitaine de navire]   Mer 28 Juil - 17:35

Ainsi, tu veux en savoir plus sur moi ? Je ne te connais pas, tu ne me connais pas. Dans cette contrée inconnue, dans cette auberge inconnue, devant ce breuvage étrange au goût délicieux, à toi, l'étranger que je ne reverrai jamais, je peux raconter des choses que je ne pourrais jamais laisser s'ébruiter. Une fois que ce sera fait... nous reprendrons chacun notre route. Et ce sera bien ainsi.

Tavernier, la petite sœur, s'il te plaît. Oh, bonjour, gente demoiselle. Merci pour cette délicieuse boisson. Oui, j'ai déjà un peu bu, mais ne crains rien, le vieux cheval que je suis en a vu bien d'autres.

*Sourire charmeur un peu maladroit*

Je me nomme Ivar. Simplement Ivar. Je suis un guerrier depuis tout petit. Ou presque. Je suis né il y a... je ne sais plus exactement. J'ai perdu le compte, peut-être volontairement. J'ai vu passer plus de quarante hivers, c'est certain, mais je n'ai pas fait plus attention que ça à mon âge. J'ai vu le jour dans un village de pêcheurs assez important. Mon père, Grim, était marchand. Un homme aisé. Il possédait une grande maison, quelques terres arables qu'il louait à d'autres, un cheptel de bétail assez important pour que mon frère ait été chargé de s'en occuper à plein temps. Et deux navires avec lesquels il revendait du poisson et des fourrures dans les villes du Sud, ramenant en échange des armes et du bois. Il était doué pour repérer le bon bois. En fait, il avait un véritable amour de la menuiserie, quoique ce ne fût pas son métier.

En bref, nous n'étions pas richissimes, mais nous vivions plus que confortablement. Nous pouvions payer une dizaine d'hommes, guerriers de métier, pour nous protéger des convoitises, nous et notre fortune. J'ai toujours aimé les guerriers. En tant que marchand, on voyage, mais on ne récolte aucune gloire. Et, autant mon père prenait plaisir à explorer des marchés, à découvrir de nouveaux ports, de nouvelles marchandises... autant, moi, je n'en voyais pas d'intérêt autre que financier.

Je regardais les guerriers et je rêvais de gloire, d'aventures, de revenir au foyer chargé de richesses. Rêves d'enfant stupide. J'étais jeune, idiot, et arrogant. Mais il se révéla que j'étais également doué. Un jour, des chiens sauvages ont attaqué le troupeau, alors que j'étais avec mon grand frère Hjörr. Je m'en rappelle comme si c'était hier. C'était au début du printemps. La saison où les animaux affamés par un long hiver ressortent enfin, par des températures plus clémentes. Et leur premier réflexe est de chercher de la nourriture. Ils sont affamés, désespérés. Ils n'abandonnent jamais le combat parce qu'ils savent qu'ils n'ont rien à perdre. Moi, j'avais neuf ans. J'écoutais les récits des skalds, sur la frénésie de la bataille, la gloire des guerriers... J'étais un imbécile, te l'ai-je déjà dit ? J'ai connu maintes et maintes batailles depuis. Et tu sais quoi ? Jamais je n'ai vu un skald y participer. Leurs mots sont creux et vides de sens parce qu'ils ne savent pas de quoi ils parlent.

J'ai attrapé un bâton et marché sur le chien qui était le plus proche de moi. Mon grand frère, âgé de treize ans, était presque un homme. Il était bien plus grand et musclé que moi. Mais il est resté sans bouger, tremblant de peur, alors que moi je défendais la propriété de ma famille. J'ai esquivé et frappé d'un seul coup, d'un seul. Un coup puissant qui l'a atteint en pleine gorge et ses vertèbres ont craqué. Il est mort sur le coup. Son compagnon s'est enfui devant moi.

C'est ce que j'ai raconté à mon père, et mon frère n'a jamais démenti, il avait trop honte de son propre comportement. C'est aussi ce que j'ai raconté à mes hommes et à toutes les femmes avec qui j'ai couché. Ainsi qu'aux jarls que j'ai servi. C'est même ce que je me raconte à moi-même. Il est tellement difficile de se débarrasser d'une gangue de mensonges qu'on a mis des années à constituer... surtout lorsque l'on a tout fait pour se forger une réputation d'homme honnête, franc, fiable, fidèle...

Si je dois être honnête avec moi-même, les choses se sont passées bien différemment. Le chien a bondi et glissé, du coup, il est tombé juste devant moi. Un signe des dieux, dirait Ragnar. Je te parlerai de lui ensuite. Attends que je m'abreuve. Je parle, je parle, j'ai le gosier aussi sec que... je ne trouve pas de comparaison poétique. Bref, j'ai soif.

Attends, assieds-toi, jeune fille, je t'offre à boire si tu le souhaites, à toi aussi. Si tu n'es pas trop fatiguée par ton service ? Excellent choix, une bonne histoire vaut qu'on se force à garder les paupières ouvertes quelques minutes de plus. Abhassa ? Un beau nom. Étrange, comme tout ce que je vois ici, mais beau.

Où en étais-je ? Je me fais vieux, je perds un peu la mémoire. Ah oui. Le chien. Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé après. Il est arrivé à portée de bâton, alors j'ai frappé de toutes mes forces. Il a couiné, je pense. Je crois qu'il était aussi faible et terrifié que moi, mais je ne me suis pas rendu compte. J'ai hurlé de terreur et pleuré à chaudes larmes en le frappant, encore et encore et encore. Quand j'ai retrouvé mes nerfs, je lui avais réduit la tête en bouillie, il y avait de la cervelle de chien partout. Je ne sais pas combien de fois je l'ai frappé.

Évidemment, c'est la version améliorée que tout le monde a fini par retenir. Le jarl Heggir Lothbroksson a été très impressionné lorsque je lui ai raconté cette histoire. Mais je ne suis pas arrivé à le convaincre de me prendre dans son équipage. Il a tâté mes biceps et m'a dit de revenir dans quelques années. A cette âge, ça m'a paru très long. Mais il me fallut tout ce temps pour convaincre mon père et ma mère de me laisser partir. Pourtant, cela simplifiait la succession, je ne voulais qu'une épée et un bouclier. Mais mes parents craignaient pour ma vie.

Finalement, ils m'offrirent, pour mon quinzième anniversaire, une épée et un bouclier cerclé de fer, ainsi qu'une cotte de cuir renforcée de bandes d'acier. Je retournai voir Heggir pour m'engager dans son équipage. Il me mit à la rame et je ramai, jusqu'à ce que je ne sente plus mon corps. En quelques mois, je me fis une réputation de bon camarade, et de guerrier convenable. J'aurais préféré être "exceptionnel" mais on n'a pas toujours ce que l'on souhaite. Et je découvris ce qu'était un raid, ce qu'était la fraternité d'armes, où revendre les marchandises pillées...

Tout ce que j'avais souhaité, et pourtant, je n'étais pas satisfait. Encore une fois, les belles chansons des poètes et les rêves des jeunes garçons ne sont pas la réalité. Souvent, on calcule longtemps, on réfléchit longtemps avant d'agir. On sait qu'avec trente rameurs, ne seraient-ce que six ou sept blessés ralentissent beaucoup le navire. On fait rarement preuve d'audace. J'ai certes connu le frisson du combat, mais pas l'euphorie de cracher dans l'œil de la mort. Mais comme on m'appréciait, que j'étais quelqu'un de calme, finalement, vers trente ans, Heggir Lothbrokson me confia le commandement d'un de ses navires. Entre guerre, commerce et espionnage... oui, j'ai vu beaucoup de pays.

Quelques années plus tard, un autre homme entra dans ma vie. Ragnar, qui ne s'appelait pas encore "Celui-qui-rit-dans-la-bataille", à cette époque. Un jeune homme, arrogant et audacieux, doué, aussi. Tout comme moi à son âge. Mais nettement plus doué avec une épée. D'une témérité à toute épreuve. Plusieurs fois, nous l'avons vu proposer des plans complètement suicidaires. Mais impossible de le fléchir. Il était fils de jarl et n'entendait pas se laisser dicter sa conduite par des hommes dont le sang ne portait pas la noblesse guerrière qu'il croyait représenter. Plusieurs fois, nous l'avons laissé partir, convaincus qu'il ne reviendrait pas. A chaque fois, il revenait, avec des trésors et des histoires fabuleuses à raconter. Il était tout ce que j'avais voulu être. Au fil des années, il est parvenu à convaincre quelques hommes, puis de plus en plus.

Finalement, lorsque le jarl Heggir fut tué au combat, il laissait douze équipages sans chef. Trois d'entre eux, dont le mien, choisirent de le suivre. Et c'est ainsi que je changeai de maître. A de nombreuses reprises, j'ai cru mourir. Nous étions souvent dans des dangers extrêmes. Nous marchions toujours sur le fil de la lame et nous en étions fiers. Nous nous sommes forgé une réputation de guerriers impossibles à tuer. Je pense qu'un jour, je démentirai cette réputation. Mais je ne suis pas pressé.

Aujourd'hui... je commence à être fatigué. Quand j'étais jeune, j'étais robuste, le crâne chauve sur le sommet mais quelques cheveux sur les bords, et surtout, une abondante barbe noire. De plus en plus, mes cheveux se raréfient. Ma barbe se teinte d'argent. Seuls mes yeux sont restés identiques, d'un brun comme le miel qu'on récolte dans les contrées fertiles du Sud. Mes gestes ne sont plus aussi sûrs ni aussi vifs qu'autre fois. Mon équilibre n'est plus aussi bon. J'ai mal aux épaules lorsque je me réveille le matin, et si je ne rame plus, ce n'est pas seulement à cause de mon statut de capitaine de navire. C'est aussi parce que mes épaules crient grâce au bout d'à peine deux heures, quand, jeune, je tenais toute une journée ou presque.

Et surtout... je me rends compte que mes rêves de gosse n'étaient que cela. Des rêves. Maintenant que je les ai réalisés, que me reste-t-il à faire ? C'est chose terrible, un rêve qui s'est accompli. Il ne laisse rien derrière lui. Rien que la déception de la réalité. C'est une chose que les plus vieux d'entre nous commencent à ressentir. Nous ne comprenons plus ceux qui ne recherchent que la gloire et le carnage. Tous, oui, même Ragnar Herteitr, le suzerain pour lequel j'ai tant d'admiration et pour lequel je donnerais ma vie... ne sont finalement que des gamins qui ne se rendent pas encore compte que la vie n'est pas une saga skaldique. J'espère qu'ils ne s'en rendront jamais compte. Qu'ils mourront au sommet de leur gloire avant de connaître l'amertume de la vieillesse et de l'expérience. Avant, je cherchais toujours plus. Plus de danger, plus d'or, plus de combats... maintenant, je me suis calmé. Fatigué.

J'ai beaucoup tué mais je n'ai jamais rien construit. J'ai troussé nombre de femmes, mais je n'ai jamais élevé d'enfants ni ne me suis marié. Que restera-t-il après ma mort ? On dira "Ivar ! Ah, oui, un bon capitaine !". Je ne me suis pas fait une réputation suffisante pour être immortalisé, et mon sang s'éteindra avec moi. Ou plutôt, je ne connaîtrai jamais mes enfants.

Si j'avais dix ans de moins, je t'épouserais, Abhassa. Mais je ne les ai pas. Bon sang ! Je n'arrive même plus à attraper ma chope ! Me conduire à ma chambre ? Oui, merci. Tu es une gentille fille. Et toi, au revoir, mon ami. Bon voyage chez toi !

*Grimpe lourdement les escaliers, soutenu par la serveuse, avant de s'étendre sur son lit.*

Merci, Abhassa. D'habitude je ne suis pas aussi mélancolique. Qu'est-ce que vous mettez dans vos boissons ?

*Ronfle*





La jeune fille eut un léger sourire en regardant l'homme. Elle déposa affectueusement une couverture sur ses pieds. Il n'était pas si mauvais, par rapport à la réputation de son peuple.

Dors bien, vieil homme.


Elle moucha la chandelle et ressortit en fermant la porte avec précaution.




Allégeances, liens hiérarchiques

NB : le cas échéant, les joueurs concernés doivent poster pour confirmer.

Suzerain de : : Mon équipage, une trentaine d'hommes braves.
Vassal de : : Ragnar Herteitr

Maître de : Personne
Esclave de : *Plisse les paupières* Attention... je suis peut-être vieux mais pas assez pour que l'on puisse m'insulter impunément.

Serf dans le domaine de : Personne.
Seigneur de : Personne
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ragnar Herteitr
Jarl

avatar

Messages : 1421

MessageSujet: Re: Ivar [Homme] [Capitaine de navire]   Dim 1 Aoû - 23:06

Juste pour confirmer qu'Ivar Grimsson m'a effectivement prêté allégeance. Et j'ajouterai qu'il l'honore.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Loup
Admin

avatar

Messages : 358

MessageSujet: Re: Ivar [Homme] [Capitaine de navire]   Dim 1 Aoû - 23:22

Si c'est pas gentil ça Razz
OK, bienvenue, Ivar fils de Grim.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Ivar [Homme] [Capitaine de navire]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Ivar [Homme] [Capitaine de navire]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Embuscade maritime [Corbeau des Mers]
» Aux Capitaines: Formalités et demandes d'accostage aux ports
» Nalim, Le Corbeau d'Umbar
» Orion Kirik ◊ Capitaine du Zéphyr
» Bérhar l'Aisin - Capitaine mercenaire

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Temps des Loups :: Présentation des personnages :: Fiches validées-
Sauter vers: