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 Voyage dans le Nord

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Ragnar Herteitr
Jarl

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MessageSujet: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:13

Année 165
26ème jour du Soleil (187ème jour)
Fin de l'heure du Luth (10h30)
Fort du village de Falr


Dans les derniers jours avant le voyage, une sorte de fièvre a envahi la citadelle et le village. Ambiance presque frénétique due à la désignation des trente hommes qui accompagnent le jarl. Des hommes sûrs, braves. Un peu rustres, mais la crème des guerriers du Nord. Quand à ceux qui sont restés...  Ivar a pris leur tête, comme convenu. Beaucoup sont mécontents de ne pas avoir pu rentrer au pays. Mais on ne peut pas se permettre de trop affaiblir une garnison, surtout aussi peu de temps après la conquête.

Ragnar n'a pas pris la peine de prévenir ses esclaves de ses projets, aussi fait-il mander Sahnnâ la veille seulement de son départ pour le Nord, alors que le Dragon-des-Flots est déjà fin prêt au départ. Il a longuement réfléchi concernant Gaia, et a finalement décidé de ne pas l'emmener. Elle est encore trop... instable. Et sur un langskip tel que le Dragon-des-Flots, où l'inconfort et la promiscuité prolongée usent les nerfs à la longue, il ne veut pas emmener de gens aux réactions trop imprévisibles.

C'est donc en fin de matinée, peu avant midi, qu'il la fait venir dans ses appartements pour lui annoncer la nouvelle. Lorsqu'elle ouvre la porte, il est occupé à marcher en long et en large, rongeant son frein en attendant le départ. Ses doigts se crispant déjà comme sur la barre de son navire. Trop longtemps qu'il n'a pas navigué, qu'il n'a pas pris la mer. Au bruit de la porte, il se tourne brusquement.

Il porte toujours la pierre que lui a remis Rowan par cette nuit fantastique. Une pierre d'un rouge profond, à la texture irrégulière. Il l'a fait sertir et la porte maintenant dans une chaîne en or, aux côtés de son amulette. Aujourd'hui, il est vêtu comme pour le voyage : des bottes de cuir épais, des braies de toile écrue, une tunique épaisse d'un blanc bordé de bleu. Par-dessus, il a revêtu une cotte de cuir bouilli, ainsi que des bottes de cuir, plus légères que celles qu'il porte pour la bataille, mais aux plaques d'acier plus fines. Par-dessus l'ensemble, il portera une épaisse pelisse de fourrure pour se protéger du vent glacé. Pelisse actuellement suspendue sur une chaise dans un coin de la chambre. Il porte toujours son épée. Mais, globalement, bien coiffé et rasé de frais, il semble moins rustre qu'auparavant. On ressent toujours qu'il est un homme de guerre en le regardant bouger, mais il a acquis une prestance différente par ce changement de tenue. Il n'est plus seulement un guerrier, mais aussi un seigneur, et un émissaire.

Sahnnâ s'agenouille devant la porte, mais il la fait relever d'un geste. Il n'est pas d'humeur pour ces manifestations d'éternelle fidélité. Et, depuis le temps, leurs positions hiérarchiques respectives sont suffisamment claires pour pouvoir assouplir le protocole. Du moins en privé.

"Sahnnâ. Demain, nous partons dans le Nord. Sur les terres de mon père. Je vais essayer de recruter d'autres hommes. Et de les convaincre d'amener leurs familles. Il nous faut nous installer ici. Tu vas venir avec nous. Et j'ai besoin que tu prennes de quoi exécuter la Danse du Feu".

Il s'est exprimé d'un ton sec, informatif, froid. Ce n'est pas à l'esclave aux formes voluptueuses et aux gestes gracieux qu'il s'est adressé, mais à la femme qui sait interroger la destinée par sa danse.


Dernière édition par Ragnar Herteitr le Ven 30 Oct - 11:42, édité 1 fois
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Sahnnâ

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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:17

Tout est prêt en moins d'une heure. Elle sait très exactement de quoi elle a besoin pour répondre à son ordre. Le coffret de bois renforcé d'acier contient trois flacons de verre précieux cerclé de métal ancien, gravé, nichés dans leurs logements revêtus de velours. Pliés au centre, les trois costumes de voile fin, et plusieurs bijoux qu'elle a choisi très différents, à dessein.

Voilà pour la Danse du Feu. Elle a ajouté à ça ce qu'elle a de plus chaud comme vêtements, laines, velours et fourrures. Le ballot prend la place d'un oreiller, à peine. Elle a logé le coffret du feu dans un autre moins précieux, un peu plus grand, pour y serrer une ou deux autres tenues à porter s'il exige aussi les Arts mineurs.

Voilà...

Assise sur sa couchette, elle regarde le ballot de vêtements et le coffret. Elle n'est pas vraiment anxieuse. Pas vraiment paisible non plus... Elle a vu les bateaux, l'inconfort ne lui fait pas vraiment peur. Ce qu'elle redoute, c'est ce qui le rendait si nerveux, impatient. Elle a trouvé cette forteresse bizarre, étrangère. Qu'en sera-t-il de ces terres du Nord ? L'enjeu paraît capital pour lui, il devient donc aussi capital pour elle.

Demain... en attendant demain, il faudra dormir.

Le pourra-t-elle ?
Au-delà de la nervosité d'un nouveau changement radical d'environnement, il y a autre chose qui la taraude, même si elle refuse d'accorder à ce sentiment la moindre attention. Il est froid, distant. Ailleurs. Et même en sachant qu'il ne lui appartient pas de guetter ses gestes, ses déplacements et ses humeurs, elle ne peut s'en empêcher. Même si ça ne mêne à rien, qu'à de mauvaises nuits, un appétit d'oisillon et une tendance à sursauter au moindre bruit...

Demain.

La nuit tombe... Elle frissonne.
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Ragnar Herteitr
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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:17

Seul dans sa chambre, Ragnar fixe le plafond teinté d'une lueur ocre à la faible lumière de la bougie. Les interrogations se bousculent dans sa tête. Concernant le voyage. L'accueil qui lui sera fait. Si oui ou non il parviendra à convaincre des hommes et des femmes de le suivre. Un sentiment d'urgence qu'il ne parvient pas à s'expliquer teinte ses pensées d'angoisse. Mais demain, jour du départ, il sait qu'il devra être en forme. Il hésite un instant à faire appeler Sahnnâ. Sentir sa peau chaude contre la sienne. Sa docilité contre sa volonté. Ses cuisses autour de sa taille. La tentation est forte. Très forte, même. Il sait qu'il l'a négligée, ces derniers temps. C'est une esclave et elle sait qu'elle n'a pas à s'en plaindre, mais elle sera ravie qu'il la fasse appeler.

Mais non. Pas ce soir. Il ne ferait que déverser ses problèmes sur elle, et s'en servirait comme exutoire pour ses émotions. Ce n'est pas un comportement digne d'un jarl. Enfin, pas selon son éducation. D'autres seigneurs riraient probablement de ses scrupules. Il souffle la bougie et s'endort peu de temps après. "Comme c'est étrange" est sa dernière pensée avant de fermer les yeux.

Le lendemain, il se réveille peu avant les dernières lueurs de l'aube. Bien plus en forme. Le corps souple et l'esprit clair. Il s'habille rapidement, même tenue que la veille. Revêt également une épaisse pelisse de fourrure pour se protéger du froid matinal. Et se dirige d'un pas rapide vers les appartements de Sahnnâ. Il lui reste encore assez de temps pour se détendre un peu en sa compagnie.
Il pousse la porte, qui n'est pas fermée à clé. Mais l'esclave n'a rien à craindre ici. Qui serait assez fou pour s'en prendre à l'esclave personnelle du jarl ? Elle dort, bien que les draps froissés témoignent d'une nuit agitée. Il se tourne vers les vêtements préparés pour elle, dans un coin de la pièce. Une lourde jupe de plusieurs épaisseurs de tissu, des bottes fourrées. Une veste de cuir nordique, apte à couper le vent glacial. Il y a plusieurs autres vêtements disponibles à bord du navire. Ragnar s'est douté rapidement que Sahnnâ n'allait que mal supporter le froid, et il a fait prévoir de nombreuses fourrures supplémentaires.

Le jarl pose la main sur le dos de l'esclave. La secoue doucement. Elle se réveille immédiatement. Le reflet de la faible lueur de l'aube sur ses yeux en est témoin. Elle se redresse, le reconnaissant immédiatement, à la surprise du jarl.
"Va t'habiller", intime Ragnar, désignant la pile de vêtements.
"Quand tu auras fini, viens me rejoindre dans mes appartements".

Lorsqu'elle entre, habillée et préparée pour le voyage, Ragnar a sorti les lames qu'elle lui a remis lorsqu'il a décidé que les armes n'étaient pas permises à une esclave à la loyauté douteuse. Ragnar adresse un sourire à son esclave, désigne les lames disposées en éventail sur le lit.
"Tu peux reprendre les objets que tu veux, et les porter pendant le voyage, si tu le souhaites. Fais ton choix, puis rejoins-moi près des chevaux. Nous irons ensemble au navire en attendant le reste des hommes".

Sur ces mots, il se lève et sort, laissant la Solhayma seule face aux armes disposées dans la chambre.
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Sahnnâ

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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:18

Elle n'a pas du dormir plus de trois heures. Pourtant au premier contact elle est pleinement éveillée. Et elle le reconnaît tout de suite, même si elle distingue mal son visage. La silhouette, la voix. D'autres éléments aussi, qui ne vont pas jusqu'à la conscience...

Il lui ordonne de s'habiller, de le rejoindre, et quitte la pièce. Elle sort de son lit, frissonnante. Elle revêt ces vêtements qui lui semblent étranges, trop lourds, trop épais... Elle ne les aime pas beaucoup, mais tant pis... Elle aime encore moins ces bottes, elle a trop l'habitude d'aller nu-pieds. Mais les ordres sont les ordres. Elle a l'impression que son pas sonne comme celui d'un gros cheval de labour quand elle parcourt les couloirs pour rejoindre les appartements de son maître. Il l'attend, et elle remarque tout de suite les lames étalées sur la fourrure du lit. Et son sourire.

Seule devant les sept lames noires et les deux épées minces et rutilantes, elle sourit, elle aussi... Un signe de confiance. Une décision qui fait écho à ce don qu'il lui a fait, l'honneur de porter sa propre lame... Elle n'emportera pas les sept lames noires, il a demandé l'Art du Feu, pas celui des Lames. Elle les range soigneusement dans leur coffret. Par contre, elle emportera l'écrin aux épées, s'il lui plaît de la voir exécuter ces danses-là. Une fois le coffret des lames noires rangé dans la salle où elle s'entraîne, elle rejoint les écuries, l'écrin sous le bras.

Il l'attend en ajustant une dernière sangle sur un grand cheval bai. Une autre monture la regarde, toute prête déjà, plus petite et plus douce sans doute que l'autre qui danse en faisant sonner ses fers. Il l'entend arriver, forcément, avec le raffut qu'il lui semble faire, et donne le signal du départ à mots brefs. Le port n'est pas loin, mais c'est la première fois qu'elle remet le nez hors des murs de la forteresse, et elle apprécie l'air vif et piquant, le mouvement du cheval, le bruit du ressac qui se rapproche. Elle sourit...

Quelques minutes de chevauchée où il ne lui parle pas, et où elle ne dit rien. Puis, là, en bas, le flanc le long d'un quai de bois, elle aperçoit le navire. Il est petit, beaucoup plus petit que le vaisseau marchand sur lequel elle a voyagé pour venir. Il semble léger et fin comme un oiseau de mer, la proue haute et effilée sculptée en forme de tête d'animal aux yeux féroces. Ils parviennent auprès du quai, où deux hommes montent la garde. Ragnar leur lance les rênes de son cheval alors qu'il saute à terre. Elle descend elle aussi de sa monture comme l'un des deux hommes vient prendre ses rênes à son tour, et s'empresse de rejoindre son maître, l'écrin bien assuré sous le bras.

Un pas sur une large planche, un autre pas, et puis un bond léger, et le pont sonne sous ses bottes. Un tangage paisible. Elle prend une seconde ou deux, attentive, pour en saisir le rythme. Elle sourit... Mais il s'est éloigné, alors elle le rejoint en quelques pas rapides, s'efforçant d'assourdir le vacarme de ces maudites bottes. Elle l'embarrassent tellement qu'elle finit par s'arrêter, le temps de les quitter, puis repart, allégée, à nouveau silencieuse, en les tenant à la main. Il ne fait pas encore si froid, et elle aime le contact du bois. Elle ressent infiniment mieux le mouvement du navire, plus net que celui du bateau lourd qu'elle a connu. Elle sourit. Un vaisseau qui danse...
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Ragnar Herteitr
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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:18

Enfin, le contact du navire qui se balance doucement sous ses pieds. Ragnar caresse le mât, comme s'il flattait le cou d'un animal. Le navire lui a manqué. Un grand sourire illumine son visage.

Le jarl a vu Sahnnâ enlever ses bottes. L'esclave est manifestement mal à l'aise autrement que pieds nus. Il est vrai que ces vêtements de voyage ne valent pas les tenues de danse qu'elle a, en termes de plaisir des yeux. Encore que... On devine toujours ses formes derrière les vêtements. Et le fait de savoir ce qu'il y a sous les épaisseurs de cuir et de fourrure excite tout de même le jarl. Même si voir son esclave emmitouflée sous des couches de vêtements nordiques par-dessus des pieds nus le fait sourire. Le contraste a un aspect vaguement ridicule, même s'il ne voit pas l'intérêt de le dire.

En revanche, le soleil vient de se lever, et l'air est encore presque assez froid pour faire geler l'eau. Il y a d'ailleurs une légère couche de givre sur les rebords du navire. Une journée belle et froide qui commence. Le ciel est d'un bleu qui blesse presque les yeux, un vent léger souffle du Nord. Il faudra ramer aujourd'hui, avancer contre le vent. Le jarl utilisera tout son savoir-faire de navigateur pour économiser les bras des rameurs, mais il est clair que les hommes du Nord devront se fatiguer pour se rapprocher de chez eux.

"Remets tes bottes" ordonne-t-il finalement avec un clappement de langue agacé en se rapprochant d'un bond de Sahnnâ. "Tu vas geler sur place sinon".

Il l'observe s'exécuter puis, sans crier gare, l'attrape par un poignet pour l'attirer vers lui avant de l'embrasser fougueusement.
"Crois-moi, dit-il une fois qu'il a terminé, je préfère largement quand tu portes tes tenues de danse. Mais la protection contre le froid va compter beaucoup plus que notre confort ou notre plaisir pendant ce voyage. Pour tout dire, je pense que tu détesteras très vite ce navire. Les conditions de vie n'y sont pas faciles. Mais protèges-toi, d'accord ?"

La question est purement rhétorique, bien sûr. Posant une main entre les fesses de Sahnnâ, il l'attire tout contre lui, pressant de son torse contre elle pour la faire pencher légèrement en arrière... tout en la retenant de son autre main entre ses omoplates.
"Tu conserves un certain charme quelle que soit ta tenue, je te rassure..." chuchote-t-il en l'embrassant dans le cou. "Crains-tu le froid ?".

Malgré l'épaisseur de leurs vêtements respectifs, il parvient malgré tout à sentir les seins de l'esclave contre sa poitrine. Sa main descend caresser la fesse gauche de l'esclave pendant qu'il se redresse.
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Sahnnâ

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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:22

Il souffle le chaud après le froid lui-même... Elle s'est évidemment empressée de répondre à son ordre, même si elle sait qu'il aura surpris son regard un rien dépité. Vraiment, elle déteste devoir porter ces choses lourdes, malcommodes et encombrantes. Il a ordonné et son ton assorti au froncement de sourcils étaient assez clairs : pas de discussion, aucun délai. Elle a obéi au plus vite, soucieuse de ne pas le mécontenter davantage, peinée comme à chaque fois qu'elle pense lui avoir déplu, et d'autant plus au vu de sa froideur distante de ces derniers temps...

Et puis le voilà qui la saisit à l'improviste et la dévore d'un long baiser brûlant, et toute sa peine s'envole en fumée, en un seul instant. Dieux... qu'elle aime quand il s'empare d'elle, qu'elle a besoin de se savoir à lui ! Elle ressent le bond de son propre coeur, tellement puissant qu'elle imagine qu'il aurait pu le sentir aussi à travers ces couches de fourrure et d'étoffe. Ses mots sont plus doux que son baiser mais ils coulent en elle comme du miel doré, ce souci qu'il prend d'elle, ce soin qu'il a de l'avertir, sans pour autant la mettre sous cloche comme un autre maître l'aurait fait, elle, si précieuse, si rare, exposée aux vents et aux furies de la mer sur un vaisseau guerrier...

Il ne se doute pas...

Il ne se doute pas, en effet, que non seulement elle ne craint pas le froid, mais elle l'aime, comme elle aime la chaleur, le soleil, le vent, l'orage, elle aime toutes ces choses plus fortes qu'elle, plus grandes qu'elle, elle aime avoir le droit de les connaître, au lieu de rester confinée comme certaines de ses semblables dans l'ennuyeuse sécurité d'un palais.

Ses lèvres s'enfouissent dans son cou et elle sent la morsure cruelle du désir lui parcourir la peau, lui irriter les seins, lui serrer le ventre. Ses grandes mains l'enserrent, et elle maudit les vêtements de la séparer de lui. Un peu effrayée quand même par l'intensité et la brutalité avec laquelle cette flamme s'est élevée en elle, elle répond par un petit rire un peu rauque...

- Le froid... non, pas en ce moment, Maître...

Ses mains ouvertes contre son torse dérivent vers ses flancs comme si elles voulaient capturer son souffle et son coeur entre elles. Elle incline la tête pour lui offrir sa gorge, ouvre ses sens à tout ce qu'ils peuvent absorber de lui. Fleur de désert avide d'eau, qui boit tout ce qu'elle peut quand elle le peut, car on ne sait jamais combien de temps durera la sécheresse...

... grand et fort comme la mer et les vents... dangereux... Mais qu'on ne me prive jamais de lui, jamais.


Il s'est redressé, la regarde de ces incroyables yeux qu'il a, plus bleus encore dans la lumière qui s'accentue doucement. Ses fesses piégées dans ces grandes mains, les yeux levés sur lui, cambrée pour pouvoir le regarder elle reprend un peu son sérieux, sinon son calme... décidément mis à mal par tout ce qu'elle sent de lui à travers leurs vêtements.

- Je ne crains pas le froid ni la mer ni l'inconfort. Pas si tu as choisi de m'y confronter. J'aurai froid, sans doute, même si la nuit est glaciale dans les déserts de mon pays, elle ne l'est sans doute pas autant que le jour dans le tien... Mais le froid ne me tuera pas. Donc pourquoi le craindre ? Je ferai attention... et je porterai ces bottes. Même si j'ai l'impression d'être maladroite comme une vache ivre avec ça aux pieds...


Elle a une petite moue, mi-grimace, mi-sourire, qui finit en un rire. Froid ou pas, inconfort ou pas, elle a du vent dans les cheveux, sur le visage, vif et chargé de senteurs marines, et ça vaut bien l'inconfort et le froid.
Et puis elle est près de lui.
Alors peu importe.
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Ragnar Herteitr
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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:23

"J'ai choisi de t'y confronter... oui. Parce que tu me serviras bien, dans le Nord".
Le jarl pourrait en dire plus. Dire à son esclave l'estime qu'il a pour elle et ses talents. Qu'elle n'a pas à s'inquiéter qu'il l'abandonne, ou de lui déplaire. Une peur qu'il sent en elle. La peur de déplaire, d'être maladroite. La recherche permanente de la perfection, le refus du droit à l'erreur. Il lui a déjà dit qu'il ne lui tiendrait pas rigueur d'une erreur due à l'ignorance. Mais il pressent qu'il lui faudra le répéter, encore et encore. Il sourit lorsqu'elle lui dit qu'elle se sent atrocement maladroite dans ses bottes. Maladroite ? Elle le serait encore plus s'il fallait lui amputer des pieds gelés par le vent du nord.

Il renforce sa prise sur les fesses de Sahnnâ. Puis se ravise. Passe carrément les mains en-dessous de la jupe pour venir les mettre en contact avec la peau douce de l'esclave, cependant qu'il sent le désir monter en lui. Il soulève l'esclave, la porte à l'arrière du navire pour l'installer juste au poste du timonier, le sien. Ils n'ont plus le temps de faire tout ce que Ragnar aimerait faire. A moins d'expédier en quelques minutes, sur le plancher dur. Ce dont Ragnar n'a absolument aucune envie. D'autant que se laver risque d'être compliqué, et que le jarl n'apprécie pas de se sentir sale.

Il s'agenouille devant Sahnnâ, également au sol. L'embrasse à nouveau. Doucement.
"Je sais que je t'ai négligé, Sahnnâ, ces derniers temps, murmure-t-il. Mais tu n'y étais pour rien. Si tu m'avais mécontenté, je te l'aurais dit. Je n'aurais sans doute même pas eu besoin de te punir tant tu te punis toute seule dans ces circonstances. Ce sont mes devoirs qui me tiennent écarté de toi. En tant qu'esclave, tu passes forcément en second, tu le sais. Mais je ne t'oublie pas".

Il passe derrière Sahnnâ, se relevant. Lui caresse doucement le menton. Sa main se retire lorsqu'il relève la tête.

"L'embarquement va commencer", dit-il d'une voix absente. Des hommes sont apparus, et commencent à descendre vers la plage. En quelques minutes, ils sont montés à bord. Une dizaine. D'autres les rejoindront plus tard. Un joyeux vacarme remplit l'air matinal cependant que rames et voiles sont vérifiées une dernière fois avant le départ. Ragnar hume l'air. Le vent vient toujours du nord. Il faudra donc ramer.
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Ragnar Herteitr
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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:23

L'esclave n'a pas répondu. Ce qui étonne beaucoup, et déçoit un peu Ragnar. Soit qu'elle soit mal à l'aise sur ce navire. Soit que l'angoisse du voyage la taraude trop. Soit, encore, qu'elle ne sache tout simplement pas quoi dire. Les marins viennent par petits groupes. De joyeux bavardages s'élèvent dans l'air glacé du matin. Ragnar se mêle aux hommes, partageant leurs rires et leurs espoirs, après avoir fourni à Sahnnâ quelques fourrures, afin qu'elle n'ait pas à passer les prochains jours directement sur le bois dur du Dragon-des-Flots.

Au bout d'une petite heure, tout le monde est présent. Et, sans fioritures inutiles, le navire s'élance vers la haute mer, à la force des rames, contre le vent du Nord. Ragnar goûte ce vent, appréciant la sensation de la barre dans sa main. La manière dont il dirige le navire, qui semble obéir au moindre de ses désirs.
Il pose une main affectueuse sur la tête de Sahnnâ, dirigeant de l'autre le navire qui bondit sur les vagues. En voilà une qui obéit au moindre de ses désirs. Il y a bien trop longtemps qu'il ne l'a pas fait partager sa couche. N'a pas profité des talents qu'elle possède en dehors de la danse. Au milieu des négociations politiques et des histoires de famille, il tentera de remédier à ce problème.

Plusieurs jours s'écoulent ainsi. Au soir du troisième jour, le vent change de sens, permettant ainsi aux hommes d'abandonner leurs rames et de flâner sur le pont. Malgré l'espace réduit, les hommes du Nord ont l'habitude de ses conditions, et s'apprécient. Ragnar est plus inquiet pour Sahnnâ, qui n'a pour ainsi dire pas quitté l'espace qui lui a été attribué, bien que le jarl lui ait dit qu'elle était libre de se déplacer autant qu'elle le voulait. Il est fort probable qu'elle n'apprécie pas le voyage. Elle semble même parfois vaguement inquiète, comme si quelque grosse vague allait l'emporter par-dessus bord d'un moment à l'autre. Mais lorsque, au matin du huitième jour, ils aperçoivent enfin les maisons de Yeravik, aucune plainte n'a franchi ses lèvres.
Elle a d'ailleurs semblé plus éveillée lorsqu'ils sont arrivés à l'embouchure du fleuve et l'ont remonté à la rame jusqu'au lac près duquel vit son père. Traversant d'abord pendant une demi-journée une toundra peu hospitalière, puis une épaisse forêt de conifères pendant tout le jour qui suit, avant de déboucher sur le lac.

Le reste est une simple formalité. Cela fait des mois que Ragnar n'est pas revenu, mais ses gestes sont naturels, instinctifs. Il retrouve sa patrie. Amène d'une main experte le navire contre le quai. Les quelques soldats présents reconnaissent immédiatement le fils de leur seigneur, aussi un messager est-il envoyé. Mais Ragnar n'est pas d'humeur à attendre et il sait que son père non plus. Après avoir laissé le navire sous la garde des hommes d'Eirik Ingvarsson, seigneur de la contrée, il se dirige, suivi de ses compagnons, vers la halle d'Eirik. A pied. Il n'y a pas assez de chevaux pour tout le monde et, après tout, il n'y a que quinze minutes de marche à peine.

La halle est une longue demeure au toit pentu, faite de solides poutres de bois nordique, avec à l'ouest une porte à double battant gravée de runes. Les hommes franchissent deux rangées de portes. Remettant leurs armes aux gardes entre les deux. Ce n'est pas un signe de méfiance. Seulement, il est de coutume de déposer ses armes avant d'entrer dans une halle. Les hommes du Nord ont le sang aussi chaud que leur climat est froid, et cette simple précaution permet d'éviter de nombreuses morts stupides. De plus, deux rangées de portes sont une protection appréciable contre le froid.

Seul Ragnar garde son épée. Privilège de seigneur. Et signe de confiance, également, car les liens du sang ne sont pas forcément ceux du cœur.
Il s'avance en tête, ses hommes restant à l'arrière de la salle, vers son père qui, assis sur son trône, s'est levé pour se diriger vers lui. Il est de la même taille que Ragnar, mais un peu plus mince. Bien que sa marche semble un peu raide, il donne une impression de maturité et d'assurance, parfaitement maîtrisée. Le bras d'Eirik a un peu perdu de sa force avec les années. Mais ce n'est nullement le cas de son esprit, et c'est pourquoi nul n'a songé à tenter de le défier.

Le visage inexpressif, père et fils s'approchent l'un de l'autre, sans affectation, sans empressement ni réticence.
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Sahnnâ

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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:25

Le pire est sans doute le sentiment de parfaite inutilité. L'impression d'être un meuble de trop dans les pieds des guerriers. Elle s'est faite toute petite aux pieds de son maître, cachant ses frissons quand le froid devient par trop mordant, d'autant plus mordant que l'inactivité, l'immobilité volent de la chaleur à son corps. Mais elle a surpris trop d'hostilité dans certains regards. Le genre de noirceur qui lui a fait juger plus prudent de se faire oublier. L'attention de son maître lui suffit, même si elle ressemble davantage au soin qu'on aurait pour un bon chien que pour un être humain.

Longues journées monotones, de plus en plus grises et froides, des nuits brèves mais tellement glaciales qu'elle en vient à redouter le quart de nuit qui la prive de la chaleur de Ragnar contre qui elle dort, blottie. Au point qu'elle adopte son rythme de veille, mieux vaut grelotter éveillée que grelotter quand on cherche le sommeil. Elle reste à ses côtés presque tout le temps, immobile et silencieuse, deux éclats verts et attentifs au fond d'un capuchon de fourrure grise et blanche.

Elle a repoussé le capuchon pour dégager son champ de vision quand ils ont gagné la terre et s'y sont enfoncés à la faveur de cette longue lame d'eau plongée entre les falaises sombres revêtues d'arbres au vert profond. Elle n'a pas assez d'yeux pour tout voir. L'âpreté du vent lui tire des larmes, mais rien ne pourrait lui faire baisser...

C'est donc de cette terre qu'il vient. C'est elle qui a façonné son caractère.

Elle comprend mieux maintenant la franchise abrupte, la dureté sévère, le côté bourru qui teinte ses rares moments de tendresse, pour mieux souligner qu'ils n'ont qu'un temps. Elle glisse quelques regards vers lui, note le reflet vif dans ses yeux, la tension dans sa mâchoire. Ses gestes sont surs, nets, il guide son vaisseau comme un bon cavalier guide sa monture, la main légère mais ferme. Il lâche le gouvernail, donne des ordres. Des hommes débarquent, d'autres pas. Il lui a adressé un geste, elle suit donc, toute petite femme emmitouflée de laine et de fourrure au milieu des guerriers immenses. Elle marche à leur suite, de son mieux malgré les bottes auxquelles elle n'a pas encore réussi à se faire. Trop grandes... Elle en a noué la tige avec des lacets serrés autour de la jambe, mais ça n'arrange le problème qu'en partie.

Elle se cache dans le capuchon, les regards l'impressionnent, clairs et froids, ils tombent de si haut sur elle, les questions et le mépris aussi évidents... Elle ne connaît pas le mépris. Personne ne l'a jamais regardée autrement qu'avec respect ou émerveillement, en dehors de la sévérité de ses professeurs. Ces regards la glacent plus que le froid. La demeure où ils entrent lui semble une caverne, une tanière aux ours, une antre dangereuse et emplie de menaces. Mais elle franchit le seuil à la suite des hommes, sous le nez des gardes qu'elle entend ensuite discuter dans un parler rocailleux et échanger un gros rire.

Elle voit mal entre les corps des guerriers.
Mais l'homme qui lui fait face pourrait être Ragnar devenu vieux.
Le même visage de pierre, les yeux aussi intenses, le même port de tête.

Son père.

Curieuse comme un écureuil, elle guette leurs retrouvailles entre un bras vêtu de laine et un flanc vêtu de mailles.
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Ragnar Herteitr
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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:25

Le jarl éclate d'un rire clair qui se répercute sous le toit. Son fils lui fait écho, et c'est avec un sourire à illuminer les cieux qu'ils se donnent l'accolade. Il y a trop longtemps que Ragnar a été absent de chez lui. De la terre qui l'a vu naître. Et toute cette halle lui murmure le mot "foyer". Il en connaît et en apprécie les moindres recoins.
"-Tu as encore pris des muscles, mon fils... murmure Eirik. Qu'es-tu devenu pendant tout ce temps loin de chez nous ?
-Aaaaah, beaucoup de choses, père. Je possède maintenant ma propre terre et ma propre citadelle. Ainsi que deux navires de combat et un navire marchand supplémentaire.
-Et comment as-tu obtenu tout cela ? Petit sourire de la part du patriarche.
-Comme on me l'a appris, père", répond Ragnar en faisant jouer son épée dans son fourreau d'un geste éloquent.

Eirik ne répond rien, mais son sourire s'élargit encore, se teintant d'une nuance de joie sauvage.
"Tu me raconteras tout cela plus tard, devant ale et pain. Et ce soir, il y aura banquet. Je veux fêter dignement ton retour. En attendant... tu souhaites peut-être te reposer ?"

Ragnar a un froncement de sourcils étonné. Son père ne demandait qu'exceptionnellement leur avis aux gens. A-t-il changé ? Ragnar accepte néanmoins l'invitation. Un serviteur l'emmène à la chambre confortable qui lui revient de droit. Le ménage y a été fait régulièrement, mais personne d'autre que lui ne l'utilise. D'un geste du doigt, il fait signe à Sahnnâ de l'y suivre.

La pièce est spacieuse. Des murs et un plancher de bois sombre, recouverts de tentures et de fourrures qui empêchent le froid de l'extérieur de s'infiltrer. Un bon feu qui pétille dans la cheminée. Un lit confortable recouvert de fourrures. Un endroit où reprendre des forces, où se sentir en sécurité.

"Installe-toi", dit-il à Sahnnâ en désignant les fourrures au pied du lit. "Tu peux enlever tes bottes. En fait... tu peux même enlever tous tes vêtements".
Puis il s'adresse au serviteur pour demander qu'on apporte un baquet d'eau chaude et de quoi se laver. L'homme disparaît avec un salut sec. Et revient, quelques temps plus tard, accompagné de deux esclaves qui déposent un baquet et quelques serviettes sur le plancher.

"Souhaite-tu... qu'on t'envoie quelqu'un pour ton bain ?"
L'offre est claire. Il pourrait demander qu'une jolie servante vienne lui frotter le dos. Mais il a tout ce qu'il faut. Pourquoi accepter d'autres servantes lorsqu'on ne met déjà pas à contribution les talents de son esclave ? De plus, le jarl n'est pas d'humeur à se faire frotter le dos pendant une heure. Il se sent sale, poussiéreux, et crasseux, et il veut que ça cesse. C'est aussi simple que ça. Aussi, une fois le personnel sorti de la chambre, se récure-t-il en un temps record avec une pierre ponce qu'il se frotte presque jusqu'au sang sur la peau, sous le regard de Sahnnâ. Puis il se lave les cheveux, rapidement mais efficacement, avant de les sécher sommairement.

"Viens" dit-il ensuite en se tournant vers l'esclave nue.
"Je vais m'occuper de toi".

Il a bien l'intention que ce soit plus doux, mais surtout plus long, pour elle. Passer les mains sur sa peau nue... Cela lui manque.
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Sahnnâ

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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:28

Elle a envie de sourire à les entendre rire, tous les deux. Les mêmes échos du même rire. La tension qui régnait semble se dissiper d'un seul coup, les hommes se détendent, et elle perd de vue les deux hommes au centre de la grande pièce sombre. Le groupe se dénoue, elle voit son maître s'éloigner à la suite d'un serviteur, guette son geste, et s'empresse de le rejoindre.

La chambre est luxueuse, en comparaison du pont du bateau. En fait, luxueuse même en regard de certaines des pièces de la forteresse. Elle admire le bois lustré, frôle du doigt les fourrures souples et soyeuses. Les mots de son maître sont désinvoltes, mais éveillent quand même un frisson tout au long de sa moelle épinière. La perspective du bain... l'envie qu'il lui permette de se décrasser de ce long voyage, d'en débarrasser sa peau et ses cheveux, laisser la lassitude se dissoudre dans l'eau chaude... et qui sait... la perspective d'autres plaisirs.

Elle se sent presque vexée quand le serviteur lui propose quelqu'un pour son bain. Et elle, elle est là pour souffler sur le feu ou faire des ombres sur les tentures avec ses mains, peut-être ? L'imbécile. Elle a relevé le menton en regardant sortir l'homme, sèchement congédié par son maître. "Son" maître. Tandis qu'il se plonge dans le bain sans attendre, et elle essaie de ne pas laisser ses yeux dériver sur sa peau, elle finit, elle, de quitter la multitude de vêtements qu'il lui a fait superposer au fil des jours. Elle se défait d'une dernière chemise de fine laine avec un soupir de soulagement. Les ceintures, laçages et autres coulisses lui ont laissé sur la peau des marques d'un rose soutenu qu'elle frotte des mains. L'oeil aux aguets, elle observe Ragnar qui se décrasse avec rapidité et efficacité, regrette qu'il ne fasse pas appel à ses mains à elle pour changer l'utilité de ce moment en douceur, en détente, en plaisir.

... j'aime t'en apporter... C'est un honneur, une fierté. Mais le sais-tu seulement ?...

Elle hésite à s'approcher, il aime l'initiative, mais elle a appris aussi à ne pas contrarier ses désirs, et quand il a les gestes aussi décidés, c'est qu'il risque de la repousser avec agacement. Et même si elle s'abstient de toute plainte, ça lui fait mal à chaque fois. Alors elle s'est bornée à s'approcher un peu, à se poster près de feu, à continuer à frotter les marques sur sa peau, attentive et patiente. Et quand il finit par s'adresser à elle, alors qu'elle avait cessé d'attendre puisqu'il avait terminé, elle n'en croit presque pas ses oreilles...

T'occuper de moi ?

Elle cherche ses yeux... et oui, il y a ce reflet. Ce reflet qui parle directement sa chair, et provoque une réponse toute en chair de poule, en mamelons raidis et en petites crispations affamées du ventre...

N'espère pas, n'attends rien.

Mais elle ne peut pas s'empêcher d'attendre et d'espérer. De désirer. De vouloir.
Son pas quand elle s'approche est redevenu souple, gracieux, fluide. Et il y a dans ses hanches un rien de balancement, dans sa cambrure un rien de défi, dans le regard qu'elle accroche au sien, la lumière immaculée du don complet d'elle-même et de sa parfaite soumission, rehaussée d'une ombre, une ombre qu'elle ne soupçonne même pas, qui vient de la femelle grondante qui réclame son dû...

Elle se détourne le temps de poser une fesse sur le rebord du baquet, se penche en arrière pour passer les jambes de l'air tiède de la chambre à l'eau encore bien chaude du bain, où elle se laisse descendre d'un mouvement de reins, avec un long soupir frémissant de pur délice, les yeux mi-clos... La surface lui caresse le nombril et les hanches, sa chevelure effleure l'eau, ses mains quittent le rebord de bois pour s'étendre sur la surface agitée, troublée. Elle s'avance vers lui, presque à le frôler, les yeux levés sur son visage.

Plus beau encore quand ses cheveux sont plaqués en arrière par l'eau.

Elle a la voix un peu rauque, quand elle lui répond, un soupçon d'espièglerie dans les yeux, pour masquer son trouble... pudeur. Il l'a vue nue plus d'une fois depuis cette nuit où il l'a prise, elle a même dormi à ses côtés. Mais elle ne peut se retenir d'éprouver de l'anxiété quand il la regarde. Une peur, peut-être, qu'il ne la trouve pas assez belle, pas assez désirable. Trop timide ou trop hardie. Ses pommettes se colorent et ses seins la lancent tant les pointes en sont raidies. Mais elle ne baisse pas le visage, ne fuit pas ses yeux. Parce que sa peur est à lui autant que son désir, son trouble est à lui, son malaise timide de fille qui se sait encore ignorante, incertaine...

Elle qui maîtrise chaque mouvement de son corps, chaque équilibre, déséquilibre, dans l'air, l'eau, le feu même... elle n'est pas moins gracieuse que d'habitude. Mais elle se sent gauche pourtant.

- S'il te plaît, Maître... laisse-moi un peu de peau ?...

Elle songe à la rudesse de ses mains, ces cals dont elle se souvient du contact... Non, il n'a pas besoin de pierre sur sa peau à elle... Ses yeux vacillent, l'ombre chevauche la lumière, le désir miroite entre les cils. Ses mains rudes, fortes... Sa joue dorée de barbe, râpant sa gorge...

Reflet blanc, les dents qui mordillent rapidement sa lèvre inférieure. Ses pommettes sont roses et son souffle profond. Pointes de seins tendues qui le frôlent. Elle frémit.
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Ragnar Herteitr
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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:29

Le jarl a un sourire rayonnant. L'esclave semble retrouver ses repères. La docilité même, avec un soupçon d'humour. Une pointe de désir. Bon, d'accord, une grosse pointe. Disons, un pieu*
"Je ne t'abîmerai pas, Sahnnâ. Ton contact m'est agréable et je ne tiens pas à te couvrir de meurtrissures".
Il dépose la pierre ponce. Frotte l'esclave avec ses mains. Fermement, mais sans brutalité. En commençant par le visage.
"Il est temps de nous décrasser un peu. La vie sur un navire n'est pas facile, tu l'as vu. Et le lavage est sommaire. On se sent vraiment plus léger après s'être lavé".

Il rejette une mèche de cheveux mouillés de devant la joue de Sahnnâ. Passe une large main sur son visage. Sur son cou, allant jouer avec son collier. A la tête de l'esclave, il se penche sur elle, ses cheveux mouillés venant sur le visage de Sahnnâ. Il l'embrasse, rapidement. Avant de descendre ses mains sur ses épaules. Puis sur la poitrine. Qu'il nettoie de ses mains puissantes, la sentant se raffermir sous ses doigts. Saisissant son collier, d'une légère traction, il la fait se redresser, passe les mains dans son dos, des épaules aux reins. Un peu plus bas, même. Sans un mot, d'une nouvelle traction, il la fait se lever. Lui sourit. Il est heureux d'être ici, dans ce lieu si agréable, avec une esclave qui commence tellement bien à le connaître qu'il n'a plus besoin de parler pour se faire obéir.
Et il en profite. Ses mains parlent pour lui, et il plie le corps de Sahnnâ à sa volonté pour faire sa toilette comme bon lui semble.

Il sent doucement son sexe se redresser. Un fil de désir s'est agrippé aux reins de l'esclave et du jarl, et tous deux en sentent l'effet. Mais Ragnar va le laisser se tendre, se raccourcir, doucement, patiemment, avant d'y céder. Ses mains descendent sur les hanches, les cuisses, de Sahnnâ. Il la sent frémir, trembler sous ses mains. Comme si la saleté qu'elle avait accumulé lui avait servi d'armure pour la protéger du désir en émoussant ses sens. Dérisoire protection, arrachée pièce par pièce par ce fil qui se raccourcit, dissoute par l'eau qui s'assombrit. Et, en même temps, resurgit cette fragilité. Le désir, avec Sahnnâ, est toujours vertigineux. Car alors, son masque de danseuse tombe et la femme apparaît. Une femme à qui on a volé son enfance, qu'on a doté de dureté mais finalement fragile malgré ce par quoi elle est passée. Ou peut-être à cause de cela.

Et Ragnar doit être prudent, alors. Il aime la voir totalement dévoilée, vulnérable, devant lui. Non pas physiquement, mais psychologiquement. Mais aussi, il doit se montrer très prudent, très fin, dans ses actes, ses paroles. Et, parfois, il sait qu'il échoue. La tendresse n'est pas sa manière d'être. A cause de ce par quoi il est passé.

"N'aies pas peur", chuchote-t-il à l'oreille de Sahnnâ. "Tu restes mienne". Sa main caresse la cuisse de l'esclave. Sa tête se pose sur son épaule, pendant qu'il la serre contre lui, ignorant l'eau qui coule sur la peau de Sahnnâ. Un nouveau murmure. "Mienne...".

Il se sépare d'elle. Lui sourit à nouveau. La saisit derrière les genoux, la recouche dans l'eau. Termine avec ses mollets et ses pieds. La fait se relever d'un petit signe de l'index. Prend une serviette pour l'essuyer de haut en bas. Avec un peu plus d'empressement que nécessaire. Le fil se raccourcit, se renforce. Et qu'importent quelques gouttes d'eau. Elle sort du baquet. Il lui confie l'étoffe pour qu'elle termine, et, nu, va s'asseoir sur le lit. Une lueur sauvage dans le regard. Il est doucement passé de l'espièglerie à la compassion... presque la tendresse. Qui, maintenant, vient se mêler de quelques gouttes de désir animal, impérieux. Impérieux pour Ragnar, et donc pour Sahnnâ.



*triple sens inside Smile


Dernière édition par Ragnar le Lun 26 Juil - 16:31, édité 1 fois
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Sahnnâ

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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:29

N'être qu'un corps vivant entre ses mains, et ne penser à rien. Elle ferme les yeux à demi, savoure le contact de leurs peaux, les paumes de Ragnar, rudes mais douces, sur la soie fine de sa peau à elle, délicate et fragile. Les déplacements qu'il lui impose au moyen du collier, redresse-toi, allonge-toi, retourne-toi. Baisers rapides mais gourmands. Elle se sent différente, prend autrement conscience de la forme de son propre corps, quand il la dessine comme ça. Elle ressent la finesse de sa taille, la rondeur de ses hanches et la cambrure de ses reins. Elle ressent la vulnérabilité de son ventre et de ses flancs, tendre chair à peine protégée par un réseau de muscles pour l'instant tendus et frémissants. Ses seins, des offrandes lourdes et gonflées comme des fruits presque murs, prêts à ce qu'on y morde pour donner toute leur saveur, suave et parfumée.

Elle est cette offrande qui attend le sourire du dieu. Peur tremblante d'être boudée, peur vibrante d'être croquée. Le tranchant des dents et la tendresse chaude des lèvres. Ses sens s'enflamment...

Il lui chuchote à l'oreille des mots qu'elle ignorait attendre. On dit n'aie pas peur quand il y a des raisons de craindre et qu'on veut rassurer. Et la peur accroît la force de son désir, elle aime avoir peur de lui, elle aime être à lui, et qu'il fasse d'elle un jouet ou une femme, tant qu'elle ne quitte pas ses mains, son côté, tant qu'un angle de son regard, au moins, est pour elle.

Il la renverse dans l'eau et elle rit, lui offre docilement ses jambes minces et musclées de danseuse, ses chevilles graciles mais fortes, ses pieds menus, à la voûte cambrée, nerveux, espère qu'il les aime, malgré leur rudesse... Les Solhayma soignent leurs pieds, la peau doit en être durcie mais non insensible, pour tolérer toutes les surfaces sans souffrir, pour "sentir" le sol qu'elles foulent. Elle passe un temps appréciable à les frotter de sable, d'huile, ou de pierre ponce. Ses pieds sont la seule partie d'elle où la peau n'est pas partout de soie... Ses pieds sont le résumé du contraste qu'elle est, les cals entretenus comme sur la main d'un guerrier, et la voûte courbe de la plante, fine et translucide, où on devine le réseau bleuté du sang. Et les menues cicatrices de l'Epreuve du Verre...

Tout ce que je suis... de la dureté, de la transparence, et un long enseignement...

Debout auprès de lui, elle sourit à la caresse de la serviette qui l'essuie sommairement. La hâte de ses gestes répond à celle qui lui court sous la peau. Ses yeux se sont accrochés aux siens, plusieurs fois, et chaque fois lui a un peu accéléré le souffle. Il la laisse finir de se sécher, se dirige vers le lit, et elle le suit des yeux, long corps musclé aux épaules larges, chevelure assombrie par l'eau, fesses fermes et hanches étroites, reins creusés de fossettes où elle ressent l'envie dévorante de poser ses lèvres. Il se tourne et s'installe dans les fourrures, et elle ne voit plus que ses yeux, leur appel intense et magnétique. Après seulement elle s'offre la vision de son torse puissant, son ventre en collines régulières percé du nombril, la fuite verticale d'une toison dorée qui s'épaissit entre ses jambes, et le membre éveillé qui l'attend, déjà découvert.

Elle essore vigoureusement ses cheveux, impatiente de le rejoindre, repasse rapidement la serviette sur son corps, s'incline, voile d'ombre qui lui dégringole des épaules, pour sécher ses jambes et ses chevilles. Se redresse ensuite, silhouette noire aux contours brodés d'or par l'éclat du feu, derrière elle. Reflet humide dans ses yeux, sur ses lèvres. Elle le rejoint, abandonnant la serviette derrière elle. Elle vient se tenir face à lui, ses genoux entre les siens.

Ce n'est pas ainsi que se présente une esclave...

Elle s'agenouille entre ses jambes, mouvement fluide et sans heurts. Son collier de cuir et de métal est tout ce qui la revêt, et elle ne veut rien d'autre. La peur est toujours là, c'est un de ses points faibles et elle le connaît bien, ses professeurs l'avaient reconnu aussi, ce manque de confiance, manque de conscience de ce qu'elle est, de l'image qu'elle donne. L'Epreuve de la Clôture était là pour qu'elle sache. Elle l'a réussie, mais elle ne sait toujours pas vraiment. Qu'un homme la désire la dépasse toujours un peu. Que son maître la désire, c'est un présent des dieux, une sorte de miracle, inespéré.

Les yeux levés vers lui, à présent, dressée sur ses genoux joints, elle le questionne des yeux.

Ne prends pas ce qui ne t'es pas offert...Puis-je, Maître ?


Elle ne le connaît pas, elle ne connaît pas son corps. Elle ne veut plus le craindre... Elle sent contre son estomac la chaleur de son désir pour elle, le frôlement de son sexe juste entre ses seins, sensation qui lui donne le vertige et la couvre de frissons délicieux. Les yeux guettant le moindre refus, elle pose les mains sur lui, le haut d'une cuisse, et le coeur. Le découvrir sous ses paumes, ses lèvres... Elle n'en a pas eu le temps, pas encore. Elle ne sait presque rien du corps des hommes, des clés de leur jouissance. Elle se souvient avoir goûté son plaisir, mais du diable si elle se rappelle ses propres gestes... c'était dans une sorte de bulle de folie où sa chair agissait sans contrôle. Elle veut apprendre. L'apprendre, lui. Combler son ignorance pour le combler de plaisir.

Les yeux levés sur lui, attentive, elle se risque à le caresser, les mains légères et un peu tremblantes. Ses paupières battent malgré elle, à sentir entre ses mains ce grand corps puissant, à toucher le battement de sa vie, le rythme de son souffle. Et non loin de son coeur à elle, le poids impatient de son sexe gorgé d'envie, et la réponse non moins impatiente qu'elle contient entre ses jambes fermées. Ses lèvres entrouvertes murmurent une supplique très douce.

- Apprends-moi...
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Ragnar Herteitr
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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:32

Ragnar a un léger sourire. Sahnnâ ne l'a pas appelé "Maître". Mais il n'y a prêté aucune attention. Les gestes, les intonations, disent souvent ce que les mots ne révèlent pas. Lui apprendre ? Cette simple idée semble ridicule au jarl. Elle sait déjà tout ce qu'il y a à savoir. Seulement, elle ne sait pas qu'elle sait. Il caresse doucement la joue de Sahnnâ. Pendant que ce fil mince s'enroule une fois de plus autour de son ventre. Portant son désir à la limite de la douleur. Les mains de l'esclave sur son corps... Encore timides mais déjà pleines de promesses de plaisir.

Il saisit le collier de l'esclave, doucement, d'un doigt. La relève en même temps qu'il se met debout d'un mouvement fluide.
"Tu sais déjà tout ce qu'il y a à savoir" chuchote-t-il en glissant une main dans les reins de l'esclave pour l'embrasser à nouveau. Plus longtemps. Laissant l'esclave répondre à ce baiser. Une main sur sa nuque, pour la soutenir.

Il sent son membre qui se dresse contre le ventre de Sahnnâ. Cherchant vainement un endroit où déverser son désir. Si menue, si fragile. Le Dane sent ce maudit fil s'enrouler encore d'un tour. Un dernier et fatidique tour. Il lui cède. Sa main qui tenait sa nuque lâche prise. L'autre, sur les fesses de l'esclave, renforce sa prise au moment où le jarl tourne sur lui-même et, d'une poussée d'épaule, propulse l'esclave sur les fourrures. C'est seulement une fois qu'elle a perdu l'équilibre que cette main se desserre, laissant Sahnnâ tomber sur la couche de Ragnar. Le jarl bondit dans la foulée, plaquant l'esclave sur les fourrures, les mains bloquées sous ses genoux. Il s'accorde un instant, souriant, pour contempler l'esclave qu'il tient en son pouvoir, dont le souffle accéléré trahit l'excitation.

Une main vient à nouveau se prendre dans le collier, attirant l'esclave vers lui pour un nouveau baiser. Position peu confortable pour Sahnnâ, mais elle fait de son mieux. L'intensité du désir est devenue presque insupportable. Et ce désir se teinte d'une de violence. Une violence impérieuse et maîtrisée. Qui suscite en lui le désir de posséder, de pénétrer, d'écraser, même. Quelque chose de sombre, qu'il refuse de laisser remonter à la surface autrement que par petites gouttes. Sahnnâ mérite d'être bien traitée. Pas d'être un exutoire à ses pulsions... ce serait du gâchis.

Et puis, finalement, cette pensée disparaît, noyée par le rugissement de ses sens. Quelles que soient ses compétences, Sahnnâ est une esclave. Ce qu'elle mérite, c'est ce que son maître décide. Ce que Ragnar décide. Et d'ailleurs, l'idée de servir d'exutoire n'a jamais semblé la terroriser plus que ça, bien au contraire.

La main du seigneur vient explorer les seins de Sahnnâ... les fruits semblent mûrs et gorgés de désir sous la peau légèrement hâlée. La récolte sera bonne, c'est une certitude. Alors autant prendre le plus possible le temps de la cueillir. Car le ventre de Sahnnâ est aussi une terre fort agréable à labourer, comme Ragnar compte bien le redécouvrir bientôt.
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Sahnnâ

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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:33

Je ne sais pas... Je ne sais rien, tu fais erreur...

Montée de panique, toujours la même, la peur de ne pas être parfaite, de ne pas être tout ce qu'il attend d'elle. Mais il n'est plus temps pour les doutes. Le collier à nouveau pour la faire lever... elle aime sentir son contact contre sa nuque, elle ne résiste pas, mais elle laisse la traction peser contre sa peau, pour le plaisir. Baiser long auquel elle répond avec une ardeur croissante, les mains de Ragnar sous ses cheveux, dans le creux de son dos, sur ses fesses, et elle qui garde la main sur son coeur, qui laisse l'autre glisser vers son dos, à la découverte. Il ne lui laisse pas le temps de s'affranchir de sa timidité, il pivote et la fait tomber à la renverse dans les fourrures, lui piège les mains sous ses genoux, les jambes sous son poids...

Il la fixe et elle le fixe en retour, les yeux élargis par la surprise, un demi-sourire sur les lèvres, le souffle un peu haletant, déjà. Elle adore lui voir ce regard de loup devant une proie toute chaude, elle adore se sentir à lui, prise au piège, attendant d'être mangée. Il tire sur son collier, encore, la soulève pour l'embrasser, elle accompagne le mouvement de son mieux, malgré son poids qui la cloue dans les fourrures. Elle ne le voit plus, mais elle le sait tout proche, gonflé et dur, prêt à la prendre, et le baiser lui-même est plus féroce et plus exigeant. Il empoigne ses seins et elle geint doucement, pas de souffrance, oh non, certainement pas... D'envie. Pouvoir bouger pour mieux s'offrir, là elle ne peut que cambrer les reins, et encore, si peu... Envie de le toucher, le caresser, le pétrir, de goûter chaque région de son corps pour en connaître les textures, les saveurs. Essayer d'oublier la hampe dressée qui la nargue, car elle connaît sa texture à elle, déjà, l'incroyable douceur de la peau brûlante et tendue, et son ventre se noue de désir, le saisir de ses mains, de ses lèvres, éprouver tout son volume et sa raideur pour laisser les frémissements de crainte impatiente se déchaîner au creux de son sexe crispé. Elle se souvient d'avoir crié quand il l'a prise, la première fois, mais pas parce qu'elle avait mal. Brusquement tout s'efface, il ne reste plus que ce souvenir-là, ce besoin-là. Le sentir appuyer à l'entrée d'elle et forcer le passage, vaincre les frémissements et les crispations, glisser en elle et l'emplir, la posséder, entièrement.

Il y a de la fièvre dans son baiser, dans son regard et dans son souffle... La cambrure de son dos s'accroît encore, ses bras se tendent, c'est inconscient, se libérer pour l'étreindre, mais elle n'y arrive pas, son geignement frustré précède un assaut de langue, en représailles. Pourquoi ne la laisse-t-il pas le toucher ?
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Ragnar Herteitr
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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:34

Le jarl se penche en avant, avant de se soulever sur ses coudes. Il libère les mains de Sahnnâ de l'étau de ses genoux et l'embrasse à nouveau, tandis que les mains de l'esclave viennent caresser son dos. D'abord timides, puis de plus en plus audacieuses. Comme si elles se rappelaient de leur précédente étreinte. La tête du jarl descend contre la poitrine de Sahnnâ tandis que ses mains décrivent de légères arabesques effleurant son ventre. Avec légèreté, presque timidité. Descendant de la peau satinée du ventre plat de l'esclave à ses cuisses. Toujours doucement. Passant loin, très loin, de la promesse contenue entre ces cuisses fuselées qui s'écartent légèrement. Accalmie temporaire avant le déchaînement de la tempête.

Ces mains descendent jusqu'aux genoux. Puis remontent, doucement mais d'une manière de plus en plus appuyée, à l'intérieur des cuisses. Les écartant encore un peu plus. Sahnnâ se laisse faire. Non, elle aide. Quelques gouttes de liquide chaud coulent près de ce léger renflement si lisse de son bas-ventre. Ragnar passe un doigt sur ce liquide chaud. Il sourit. Son érection a presque atteint le stade critique. Presque. Il remonte tout contre le corps de Sahnnâ, sa poitrine frôlant les seins de l'esclave. Et pénètre, doucement, très doucement.

Se laissant guider par les frémissements de la chair de l'esclave qui l'accueille en elle. Par le fluide chaud de son désir. Une fois profondément fiché en elle comme une épée dans son fourreau, il reste immobile. Calme, paisible. Pas d'une immobilité forcée. Mais ici, reposant sur et à l'intérieur de Sahnnâ, il est tout simplement bien. Point de va-et-vient brutaux, cette fois-ci. Seulement ce léger frémissement qu'il sent sous lui, autour de son membre, qui répond à son propre frémissement. Au point qu'il ne sache plus vraiment quelles sensations lui appartiennent et quelles sont celles de son esclave. La limite entre l'intérieur et l'extérieur semble disparaître doucement, et il a l'impression de se dissoudre dans un bonheur apaisé. Mais ce n'est pas fini. Lentement, doucement, il sent que son propre fluide commence à sortir pour se mêler à celui de Sahnnâ. Il a un léger râle. Agrippe les reins de l'esclave.
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Sahnnâ

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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:35

Les mains comme folles qui se perdent enfin dans son dos, du creux des reins à la nuque, jusque dans la chevelure humide, épaisse... Les yeux fermés quand il la caresse, sourire entrouvert sur le souffle profond, sentir ses seins se soulever et frôler son visage, ses mains rudes, mais tellement tendres tout au long de son corps...

Une lutte fait rage en elle entre la Sahnnâ qui le veut, maintenant, tout de suite, et celle qui savoure les longues secondes douces et chaudes qu'il lui offre, à s'attarder sur sa peau. Le souvenir qu'elle garde de leur première étreinte était intense et violent, presque brutal... A présent il déploie tant de tendresse, d'attention, qu'une émotion bizarre vient lui étreindre la gorge, lui mettre les larmes aux yeux. Chaque contact lui est d'autant plus doux qu'elle sait ces mains-là plus faites pour frapper que pour frôler. Et tandis qu'il câline son ventre, ses flancs, ses cuisses, elle le dévore des yeux.

Ne jamais oublier ce regard. Oui, celui-là, précisément...

Cet instant où il la regarde, alors que sa main lui repousse doucement le genou, remonte le long de sa jambe... Il a les yeux assombris mais brillants, le visage dessiné par le feu lointain, et un sourire... indescriptible. Avide et doux. Tendre et vorace. Généreux et égoïste... Elle prend conscience qu'elle tuerait pour gagner ce sourire, pour mériter ce regard. Qu'elle ne pourra plus s'en passer désormais, peu importe le prix.

Elle gémit quand il touche du doigt les lèvres presque closes qui ne contiennent pas tout à fait son désir... Elle sent le contact glissant de ce doigt qui ne cherche même pas à l'ouvrir, qui la laisse en proie aux crampes d'envie qui lui crispent le ventre, plus intenses encore depuis ce contact léger, joueur. Elle a fermé les paupières, mais juste un moment, quand elle les rouvre elle cherche ses yeux, et il sourit toujours. Elle suit de tous ses sens le déplacement de son corps, le frôlement de sa peau, ses jambes s'ouvrent pour le recevoir. C'est tellement doux, tellement parfait... Il parvient au-dessus d'elle, elle sent son membre la toucher, se glisser entre ses lèvres, guidé par elles jusqu'au creux de son sexe. Tout est simple, évident, naturel...

Elle expire un long soupir qui tremble quand il la pénètre. Tellement doucement... Tellement différemment... Elle frémit de tout son corps, impatience, émotion, gratitude... Elle lutte pour ne pas fermer les yeux et s'abandonner à la seule sensation de son membre qui s'avance lentement en elle, elle veut son regard, encore, son regard devenu intensément brillant. Ses cheveux lui ont glissé le long de la joue, elle les repousse d'une main qui lui caresse la pommette au passage. Et lui poursuit son long mouvement, jusqu'au bout, jusquau fond... Et le temps s'arrête.

Il est là. Il est plongé en elle, planté au plus profond. Elle ressent la pression qu'il exerce, et celle qu'elle lui fait subir, tous ces muscles qu'elle ne contrôle même pas et qui le serrent, le pressent et le malaxent, des muscles dont elle ignorait la puissance jusqu'à ce soir où elle les sent lutter contre sa rigidité immobile. Il ne bouge pas, et elle hurlerait pour qu'il bouge, elle supplierait pour qu'il reste immobile encore... la seconde est trop intense, presque, trop chargée de sensations, d'émotions qui la traversent comme des éclairs d'orage, éblouissants, silencieux. Une seconde parfaite, insoutenable. Couchée entre ses bras, à le presser en elle sans pouvoir s'en empêcher, consciente jusqu'à la folie de toute cette place qu'il occupe dans sa chair... et ce regard planté en elle, aussi profond, plus profond, peut-être... Il n'y a plus rien d'autre.

Il a un mouvement léger, il se raidit, l'attire contre lui et son visage se crispe. Et elle le sent, soudain, se convulser en elle. Une onde, et tout son ventre réagit, tout son corps. Il gronde. Et elle, son souffle se bloque seulement sur un petit hoquet de saisissement, et ses yeux s'ouvrent tout grands. Dans le dos de Ragnar, les petites mains se crispent brusquement.
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Ragnar Herteitr
Jarl

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MessageSujet: Re: Voyage dans le Nord   Lun 26 Juil - 16:36

Pression sur ses épaules. Une sorte d'envie qui vient probablement de beaucoup plus loin que le conditionnement d'esclave. Le désir primitif qui lie la femme et l'homme. Loin, bien loin des questions de hiérarchie et d'esclavage. Le jarl lit l'avidité dans les yeux de Sahnnâ, mêlée à une dévotion fanatique. Le jarl ferme les yeux. Pour ne plus voir ce regard qui offre tout. Mais exige, même sans le vouloir, tout en retour. Sa semence se répand à l'intérieur de Sahnnâ et il commence alors à bouger en elle, doucement, à coups lents et réguliers de bassin. Comme un ressac, il vient inonder la plage qu'est le corps de l'esclave, avançant puis se retirant. Fluide et irrésistible. Cela dure une minute, peut-être un peu plus. Il sent, les yeux fermés, Sahnnâ emprisonner son membre, l'aspirant en elle par la seule force de ses muscles. Ce qui prolonge significativement son orgasme. Manifestation inconsciente du corps de l'esclave, de sa bonne volonté à accueillir son maître en elle.

Inconsciente, peut-être... Mais les réactions du corps prennent leurs racines dans l'esprit et le cœur. C'est une preuve d'amour et de dévouement, qu'il récompense en amplifiant encore, sans les accélérer, les mouvements de bassin. Ce, alors que, lentement, son membre revient au repos. Pour finir, il finit par sortir d'elle, comme à regret. D'ailleurs, il doit presque s'arracher à son entrecuisse encore avide. Doucement, il roule sur le côté. Tend une main pour caresser la joue de Sahnnâ, qui le regarde toujours avec ce même regard qui remplit le jarl d'un mélange de joie et d'angoisse.

"Magnifique" déclare-t-il simplement à mi-voix en caressant la joue de l'esclave.
Une douce torpeur commence à s'emparer de ses membres, mais, alors que ses muscles semblent se ramollir, ses sensations semblent revenir un bref instant, décuplées. Il en profite pour glisser sa cuisse entre celles de Sahnnâ, la tournant sur le côté, face à lui. Toujours par ce fameux collier. Un simple cercle de métal. Mais qui lui donne le contrôle total sur le corps de l'esclave. Non par la contrainte, mais en lui permettant de communiquer ses désirs sans l'aide de la parole. Outil grossier et rude. D'autant que la voix de Ragnar se prête mal aux mots doux chuchotés dans la pénombre. Par le collier, ses mains de guerrier et de rameur peuvent devenir celles d'un amant. Leur exigence tempérée par la douceur que Ragnar déploie pour manier ce cercle de métal et le corps auquel ce dernier lui donne accès.

Un baiser sur le front de Sahnnâ. Un sourire dans la lumière tremblotante des torches.
"Eteins les lumières puis rejoins-moi. J'aurai probablement à nouveau besoin de toi".
Voix rude, mais mains douces sur le collier, porteuses d'une promesse. Il y aura d'autres fois.
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