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 L'Acrogée

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Le Loup
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MessageSujet: L'Acrogée   Sam 9 Fév - 22:13























Climat, géographie et ressources


L'Acrogée est la région Nord-Est de l'Eiralie. Elle est coupée en deux par le Borstrom, fleuve aisément navigable sauf au printemps. Car, à ce moment, la fonte des neiges des montagnes se traduit par des crues violentes et il faudrait être fou pour rester dans le lit du fleuve. C'est un cours d'eau parfois tumultueux mais généreux, riche en poissons dans le lac Borstrom, à sa partie orientale.

Au Sud, on trouve les plaines de l'Esqueulien. Quoique le climat y soit un peu plus froid que dans le Grünmeer, au Nord du Kevalis, il est tout à fait convenable pour l'agriculture, même si les conifères sont plus courants et les arbres à feuilles caduques plus rares que dans les prairies verdoyantes situées à l'Ouest de Rossburh. La terre, sans être extrêmement généreuse, reste tout de même exploitable. On y cultive de grandes surfaces de céréales, et on y élève principalement des bovins, qui fournissent lait et viande.

En revanche, au Nord du fleuve commencent les montagnes. Les plus hautes et vénérables du pays, peut-être même du monde, disent certains. Immenses, escarpées, inaccessibles, dont la moitié supérieure, voire les deux tiers, sont couverts par les neiges éternelles. L'été y est frais, quant à l'hiver, il est mortel. Il est notoire que l'on peut mourir de froid dans la plupart des régions d'Eiralie, si l'on est mal préparé ou inconscient. Mais l'Acrogée est la seule région qui peut tuer même un voyageur avisé, expérimenté et équipé, comme par caprice. Conséquence évidente, le pays est fort peu peuplé, voire désert à de nombreux endroits. Si l'on trouve encore des conifères sur les premiers contreforts, rapidement, à mesure que l'on s'élève vers les sommets, on ne trouve plus que quelques arbustes rachitiques accrochés à flanc de montagne. Ceux-ci survivent péniblement le temps de servir de nourriture à quelques chèvres faméliques qui les disputent aux chamois, aux mouflons et aux atriges, ces animaux typiques de l'Acrogée ressemblant à des chèvres au poil long et laineux. Certains sont élevés pour donner du lait, mais c'est rare. De manière générale, l'Acrogée ne favorise pas spécialement l'élevage.

Pourtant, la terre porte en son sein les richesses que le ciel refuse. Le sous-sol de l'Acrogée regorge de métaux divers et variés, notamment de l'or, de l'argent, du fer, de l'étain, du cuivre, de la bonne pierre plus qu'il n'en faut, et des joyaux. Par exemple, les dernières années, d'innombrables richesses ont été découvertes dans la région de Castelfroid et ont fait la fortune de la famille de Kassel.

De tous temps, le terrain propice à l'embuscade a favorisé le brigandage, un choix possible pour des hommes désespérés sans autre moyen d'assurer leur subsistance. Mais l'affluence nouvelle de richesses a fait du vol une véritable économie parallèle, bien que nombreux soient les soldats chargés d'escorter les convois remplis de minerais, métaux raffinés et joyaux qui descendent vers la plaine. Parmi les routes commerciales, l'une des plus fréquentées, et pour cause, est le Col d'Oroval, où se dresse la forteresse du Comte de Hauteroc. Cette voie présente l'avantage unique de rester ouverte été comme hiver. Les transports de minerais en route vers les ateliers de fonderie des basses terres y défilent donc, sous haute surveillance, et moyennant l'inévitable taxe.

En allant vers le Nord-Est et le Lac de Glace, un pêcheur habile peut bénéficier de quelques bonnes prises. Au printemps cependant, les barques restent à l'amarre, la rivière, gonflée des eaux de fontes, devient impraticable. Il existe aussi, à quelques rares endroits, des sources hydrothermales qui, en réchauffant quelque peu sol, eaux et atmosphère, rendent la vie, sinon agréable, du moins supportable. C'est en un de ces lieux que vit Erwin d'Ubrön, dans un bourg antique bâti en partie sur pilotis sur les rives sud-ouest du lac, là où l'eau tiède se mêle aux eaux glacées, les empêchant de geler et leur donnant une étrange couleur turquoise.

Ensuite... l'inconnu. Quelques explorateurs ont tenté de se lancer à l'aventure en quête d'un mythique "escalier céleste", mais aucun n'est jamais revenu. Soyons clairs : la région au-delà du Lac de Glace est pour ainsi dire invivable à l'homme. On peut, avec du matériel, de la compétence et une dose de chance, y survivre quelque temps. Mais inutile de songer y fonder un village.


Histoire


L'Acrogée a toujours eu tendance à se tenir à l'écart des conflits du reste de l'Eiralie. Néanmoins, les seigneurs du Sud ont combattu les Lydanes qui envahissaient leurs terres lors de la Guerre Sainte. Quant aux seigneurs du Nord, ils ont toujours eu l'habitude d'envoyer des hommes servir dans l'armée impériale, du temps du Vieil Empire, et ils ont poursuivi cette coutume par la suite. C'était en réalité un arrangement, où les seigneuries les plus reculées louaient des hommes robustes en échange de nourriture qu'il leur était difficile de se procurer autrement. Ces traditions persistent, exception faite qu'aujourd'hui, les jeunes hommes qui partent servent la Couronne et non plus l'Empire. La découverte des abondantes richesses minières de la Haute-Acrogée a rendu la nécessité moins pressante, sans la faire disparaître totalement. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un filon d'or en plein milieu de son domaine. Et quand bien même, la Haute-Acrogée est un lieu où l'on honore les anciennes coutumes.


Politique


La partie sud-ouest de l'Acrogée, c'est-à-dire la majeure partie des plaines de l'Esqueulien et les contreforts des montagnes, sont vassales du domaine de Hauteroc en la personne d'Henri de Kassel. C'est une des Maisons de noblesse les plus récentes, et de plus, ils ne sont comtes que depuis deux générations, ce qui leur vaut en pratique une considération bien moindre que celle que l'on manifeste à des familles plus anciennes. Comme ils n'ont fait leurs preuves ni par l'ancienneté de leur noblesse, ni par leurs prouesses guerrières, certains, issus de la noblesse militaire, ne les apprécient guère. Mais ils sont riches, fort riches et il faut donc compter avec eux, d'autant plus qu'ils disposent de nombreux soldats destinés à contrer les attaques de brigands très fortement intéressés par les convois descendant de la haute-montagne par le Col d'Oroval, notamment venus de Castelfroid.

La partie nord-est ainsi qu'une petite partie à l'Est des plaines de l'Esqueulien, est contrôlée par Erwin d'Ubrön. Celui-ci est typiquement un seigneur montagnard : rude, dur, isolationniste. C'est un vieux guerrier qui a vu moult batailles, contre des brigands surtout, des Lydanes parfois, car il a participé à la Guerre Sainte lydane et, avant cela, à l'expédition qui aboutit à la destruction du Tarhalgor. Il méprise et jalouse son voisin du sud-ouest, qu'il considère trop riche pour sa noblesse. En revanche, il entretient de bonnes relations avec Roland de Peyrefendre, l'un des Comtes du Kevalis voisin, car ils partagent le même état d'esprit sur de nombreux points.


Organisation de la société


Le système féodal typique eiralien existe aussi bien là qu'ailleurs. Cela dit, dans les montagnes, les communautés sont plutôt peu nombreuses et les seigneurs vivent dans des bâtiments de petite taille, car difficiles à chauffer, où ils reçoivent souvent certains de leurs sujets. Pour réchauffer leur maison, disent les mauvaises langues. Quoiqu'il en soit, les seigneurs des régions montagnardes sont souvent plus proches de leurs sujets que dans le reste de l'Eiralie, peut-être à cause d'un sentiment de solidarité face à la nature hostile, qui se préoccupe bien peu des distinctions hiérarchiques. Dans la montagne, les gens réfléchissent plus en termes "d'intérêt du village" que "d'intérêt personnel" ou "d'intérêt de la famille" comme c'est le cas ailleurs.

Cela n'est pas sans conséquences : généralement, dans ces régions, on n'aime pas beaucoup les étrangers non plus, un paradoxe à première vue dans cette région où le devoir d'hospitalité est sacré. Lorsque la nourriture est comptée, cette obligation morale peut devenir un fardeau dont le poids est difficile à imaginer dans les contrées plus fertiles d'Eiralie. Néanmoins, la fierté impose de s'en acquitter avec le sourire, tout en priant pour que l'invité parte le plus vite possible et mange peu, ou, au moins, ait apporté sa propre pitance.

Ces particularités concernent principalement les régions montagnardes : dans le Sud de l'Acrogée, les nobles vivent comme partout ailleurs en Eiralie, parfois même sans se rendre compte à quel point leurs pairs des montagnes sont différents d'eux, quoique de la même région.

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Lois et coutumes


Il existe quelques coutumes assez typiques de la région, que l'on retrouve souvent dans les hautes montagnes. En effet, si le Sud de l'Acrogée, proche de la capitale royale et des fertiles plaines du Kevalis, trempe dans la culture eiralienne typique depuis des siècles, les rigueurs de la haute montagne ont façonné une mentalité différente dans la partie Nord. D'ailleurs, ces coutumes particulières créent une différence culturelle assez nette entre habitants du Nord et du Sud. Lesquels considèrent leurs voisins, respectivement, comme des femmelettes en chemise de soie, et des pouilleux en fourrure. Ce n'est jamais réellement formulé, mais ce type de préjugé flotte généralement dans l'air à chaque rencontre entre Acrogéens de la partie septentrionale, et Acrogéens de la partie méridionale.

Pour commencer, il y a cette coutume héritée de l'époque impériale, concernant le recrutement de jeunes hommes. Elle a lieu souvent dans les régions situées haut dans les montagnes, où il est difficile de se procurer de la nourriture. Les recrues s'engagent dans l'armée et touchent une solde réduite par rapport à d'autres soldats, mais, en échange, des victuailles sont convoyées depuis le domaine du seigneur qu'ils servent (généralement dans le Kevalis ou les plaines de l'Esqueulien) vers leur village d'origine, garantissant ainsi une plus grande sécurité à leurs proches.

Comme dans le reste de l'Eiralie, il existe un devoir d'hospitalité, mais, si ce dernier n'est qu'une obligation sociale dans le reste du pays, il est sacré dans le Nord de l'Acrogée. En fait, la comparaison la plus appropriée serait les coutumes suéries. La punition en cas de manquement à l'hospitalité par mauvais temps dans les parties les plus rudes de l'Acrogée est considérée, à juste titre, comme un meurtre, et, comme tel, le châtiment appliqué est souvent la peine capitale. Ce devoir est toujours respecté, même si l'habitant se retrouve forcé, par la force des choses, d'héberger un ennemi juré. Il existe dans ce genre de cas ce qu'on appelle "La Trêve de l'Hôte", qui interdit de tirer quelque arme que ce soit contre un hôte. Ce qui n'empêche pas de le mettre dehors aussitôt que la tempête a cessé à l'extérieur. Cela dit, il arrive que cela prenne longtemps, et on a déjà vu des seigneurs se haïssant cordialement vivre sous un même toit pendant plus de dix jours.

Dans ces contrées où la vie est rude et où une erreur ne pardonne pas, la force des femmes est appréciée à sa juste valeur. Le travail doit se faire vite pour ramener les réserves qui serviront à passer l'hiver, et tous savent que la chasse, prérogative masculine la plupart du temps, n'est pas suffisante. La collecte et le séchage des fruits et plantes est, traditionnellement, un travail mené par les femmes. La préparation des repas et donc le rationnement des réserves leur revient également. On dit en Acrogée qu'une épouse avisée et économe est un gage de survie, aussi précieuse qu'une bonne lame. Ce qui n'empêche pas que, comme dans le reste de l'Eiralie, il leur est très difficile, quoique techniquement possible, d'avoir un rôle militaire ou politique.


Philosophie et religion


Le culte des Astres est relativement présent, comme partout ailleurs en Eiralie. Il existe aussi un culte local, dans les régions reculées de l'Acrogée, qui vénère la Montagne en tant que divinité. Mais de manière générale, les habitants d'Acrogée se préoccupent beaucoup plus de questions pragmatiques, comme la meilleure manière d'avoir de la nourriture pour l'hiver, que de spiritualité.


Les Montagnards


Ce sont des hommes rudes, plus encore que les autres. Ils conjuguent des compétences dans le maniement des armes à une volonté de fer, une endurance physique exceptionnelle et une parfaite connaissance du terrain, pour se déplacer dans la Haute-Acrogée, par quasiment tous les temps, ce qui est en soi remarquable. Appointés par la Maison d'Ubrön depuis des siècles, ils ne quittent que très rarement la montagne. Leur travail est de renseigner les troupes régulières sur les brigands, d'aider les voyageurs égarés et souvent proches de la mort (même si, parfois, certains ne se rendaient pas compte à quel point), et de signaler les innombrables tracas que peut connaître la région : route coupée par une avalanche, pont affaissé, etc... Ils travaillent généralement seuls ou en binômes : même s'il n'est pas exceptionnel que la table d'un noble accueille un Montagnard de passage, ils apprécient généralement plus les grands espaces que la foule. Le danger auquel ils se confrontent régulièrement, ainsi que ce qu'ils représentent, leur confère une aura bien particulière. Mais, généralement, ils ne vivent pas vieux.

Ils sont les principaux représentants du culte de la Montagne dans cette région où la nature peut donner ou reprendre la vie avec une facilité proprement stupéfiante. Ils parlent aussi de fantômes et de bêtes étranges qui murmurent dans les failles et les crevasses. Certains les croient, d'autres disent, et c'est tout à fait crédible, que le froid et la solitude leur ont gelé la cervelle. Dans les autres rumeurs désagréables qui courent à leur sujet, il y a leur propension à exécuter les gens qu'ils estiment avoir failli au devoir d'hospitalité, même si rien n'a jamais été prouvé.

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